1934 Fischli Fischli 1935 La perte de I'image et du spectacle, si Ton rétiécnit un tant soit peu librement, détruit-elle vraiment I'essence de la peinture Si des siècles d'habitudes nous ont persuadé que le support de la peinture est Limitation, est-ce une raison suffisante pour ne plus jamais discuter ce point de vue La réponse a ces questions se trouve-t-elle dans, un compromis du genre de celui qu'on préconise a l'heure présente Ou bien, franchement, dans l'énoncé d'une simple et claire vé- rité première Je crois fermement que la réponse est ici dans la simplicité et la clarté. Si nous disons il y a peinture quand un homme recouvre de couleur une surface quel- conque, c'est moins sommaire qu'il n'y paralt tout d'abord et c'est strictement humain. C'est placer la peinture non dans i'artiste-peintre mais dans l'homme, et dans 'l'homme le plus humble. Partant de la, on pourra entrevoir la complexité des possibilités qui se présenteront par la suite si nous ajou- tons l'oeuvre du peintre commence a s'édifier lorsqu'il y a deux couleurs a organiser. Toute la peinture est résumée ici et sans équivoque. C'est le dessin, la construction plastique, ies propriétés des couleurs dans leurs natures, leur statisme sensible, leur mouvement dans la mémoire passive et active, leur dénouement dans la lumière. Qu'on n'allègue pas l'anti- nomie de ces catégories toutes modernes, la peinture déco- rative et la peinture de chevalet car, méme ceux qui subor- donnent les principes a des images de pommes, d'arbres, de fesses, sans lesquelles ils ne seraient pas tentés de peindre, s'ils sont vraiment peintres avoueront que c'est la peinture qu'ils veulent mettre en évidence et non des fesses, des arbres ou des pommes. Seulement, et c'est la oü se voit I avilissement de l'époque, ie public et la critique qui émane de lui, ne seraient sensibles a rien si on leur supprimait les images. Et c'est bien pourquoi l'équivoque satisfait tout le monde car elle ménage les positions de chacun. Supprimez l'équivoque et vous jetez brutalement, d'un cóté, les parti sans de la peinture fondée sur Limitation et, de l'autre, ceux qui la déduisent des propriétés de sa nature tout comme ia musique qui est la résultante d'un mode poétique sonore. Le même mot, peinture, est employé ici pour désigner deux choses totalement différentes. Et si les adversaires ne s'en apergoivent pas, toute entente impossible, le malentendu est dans la place irrémédiabiement. J'ai rapproché la peinture de la musique; par celle-ci je vais montrer que I adhésion a Iidéé d'une peinture, mode poé tique coloré, change la manière même de juger de -cette peinture en changeant les éléments d'appréciation. La pein-

Abstraction création art non figuratif fr | 1936 | | page 9