ARTS ET MÉTIERS GRAPHIQUES amelioration de la litho et, seule, la clientèle lithographique s'est orientée vers lui. L'Allemagne a nettement tenté d'adopter l'offset a illustrer des ouvrages artistiques. Dans un but de production rapide et économique, elle s'est aussi contentée de la sélection trois ou quatre couleurs mise directement sur zinc et imprimée. Le résultat n'en est heureux que par la suppression du papier couché et on ne saurait, en conscience, admirer certaines productions de revues décoratives publiées récemment en France avec des planches d'origine allemande. D'une manière générale, le reproche quel'on peut faire A la sélection mise sur métal, c'est d'abord l'insuffisance de répartition des couleurs. Les écrans employés ne donnent en effet jamais une sélection parfaite. L'adjonction de la trame, qui augmente considérablement les temps de pose, vient encore diminuer la valeur du résultat. En sorte que ce procédé, tres intéressant pour les reproductions commerciales de sujets aux tons heurtés, ne saurait s'appliquer avec succès A des travaux réellement soignés et d'une reproduction fidéle. En France, un goüt plus exigeant réclame des imprimeurs une précision parfaite au possible, et, d'autre part, la clientèle relativement restreinte, limite le nombre de couleurs utilisables. La tri- chromie typo avec l'appui d'un noir supplémentaire permet, dans la plupart des cas, une reproduction couramment acceptée. Des essais furent done faits pour transporter simplement sur les zincs offset des planches gravées en quatre couleurs. Le procédé est actuellement couramment employé et donne les résultats les plus satisfaisants. Les matrices typographiques, gravées spécialement sur des cuivres minces, sont amenées paries remorsures habituelles au degré d'exactitude voulue que ne donne jamais la sélection. Elles sont ensuite, par un dispositif spécial, décalquées métal contre métal sur des zincs minces grainés. L'image photolithographique ainsi obtenue a toutes les finesses de l'original sur cuivre, et le procédé permet d'opérer même avec des trames de l'ordre de \y5 lignes. Mais la difficulté com mence lorsqu'il s'agit de multiplier les poses pour un tirage sur machine. La première photolitho sert alors de matrice a reports, sur laquelle on léve le nombre d'épreuves nécessaires, qui sont repiquées suivant l'imposition et décalquées sur le zinc du tirage. Cette opération, qui se répète autant de fois qu il y a de couleurs, est excessivement délicate. C est A eet intermédiaire report qu'il faut attribuer les déboires qui ont découragé de nom- breux imprimeurs. Les principales causes d'acci- dent sont d abord 1 inégalité qui peut se produire dans les épreuves k report, les unes étant plus lourdes que d'autres; ensuite le jeu du papier a report qui peut produire un défaut de repé- rage entre deux couleurs d'une même pose; enfin la difficulté de repiquer exactement dans la meme imposition toutes les poses des quatre couleurs. II faut peut-être voir dans ces difficultés la raison qui a empêché les Américains de s'engager dans la voie du report pour se cantonner dans 1 insolation directe. Nous avons cependant en France des imprimeurs d'offset qui sont, dans ce procédé, d'une habileté étonnante et dont les tirages supportent la comparaison avec les matri ces, tout autant que des galvanos nickel avec des cuivres originaux. En outre, cette méthode a, pour la France, le gros avantage de pouvoir être utilisée a peu de fraispar n'importe quel imprimeur, sans besoin d'un matériel spécial. lel n est pas le cas dans la méthode américaine d'insolation Dans cette méthode, une fois les différentes couleurs sélectionnées et tramées aussi fidelement que possible grace a des retouches de négatifs et de positifs, il s'agit de multiplier les insolations d'une même plaque photo sur un zinc de machine. Cette opération se fait sur des machines a insoler, dont le principe consiste A déplacer la plaque photo par deuxmouvements perpendiculaires l'un A l'autre, mouvements obtenus par des vis sans fin d'une précision extréme. Si l'on veut bien tenir compte que ces machines k insoler doivent fournir des déplacements de l'ordre de 1 m. 5o k 2 mètres, avec une précision de l'ordre de 1/100 de milli- mètre, on comprendra que la solidité et la délicatesse exigées les amènent a un prix de revient élevé qui ne peut être amorti que par une exploitation intensive comme cela se produit en Amérique. En France, il est actuellement impos sible de songer a monter eet outillage. Les maisons franqaises de machines a imprimer qui ont étudié la question l'ont, croyons-nous, abandonnée a peu prés complètement. Tout au plus pourrait-on, comme cela se fait depuis peu, tenter l'utilisation de chassis a insoler oü le repérage se ferait comme dans les tables A repiquer, par transpa- rences, ou par des barres de repérage mobiles A la main. On aurait ainsi l'avantage de l'insolation directe, plus solide au point de vue impression, mais moins fidéle au point de vue reproduction. Nous allons maintenant exposer brièvement comment, en France, nous avons été amenés A utiliser l'offset dans un ordre d'idées tout a fait nouveau, susceptible d'un grand développement dans l'avenir et intéressant au plus haut point 18

Arts et Metiers Graphiques fr | 1927 | | page 22