ARTS ET MÉTIERS GRAPHIQUES par 1 intensite elements de surprise, de plaisir, d interet grace a quoi publicité lumineuse ou texte d ecran s imposent a nous. Je rappelle éubi plutöt que Itt. De la les qualités suivantes indispensables 1° Brièveté Ceci intéresse le cinéaste. Question de redaction. Mais, de grace, pas d images littéraires a la faqon de .«Al aube toutes les barques du port gagnèrent la haute mer, comme un vol d'oiseaux aux blanches ailes, etc. Même originales. II y a d ailleurs une accommodation de la vision au sous-titre comme a l'image, ce qui provoque un style particulier propre aux véritables fdms et que Louis Delluc tut le premier a porter a son maximum de perfection (la Fête Eépagnole, le Silence, F lev re, la Femme de Nulle Part, etc.; (1). 2° Clarté IS aturellement clarte typographique. Done pas de lettres dessinees en principe," pas d illustration ni de fioritures; disposition judicieuse et logique du texte; choix d'un type de lettre approprié. En effet, le dessin d une lettre reclame une telle somme de connaissances et d'études qu'on ne doit 1 envisager que tres exceptionnellement, et encore confié a un artiste éprouvé et spécialisé qui ne reculera pas devant des essais nombreux; ces maquettes spécialement composées pour les sous-titres, si parfaites soient-elles, créent, lors- qu elles sont quelque peu nombreuses, une sorte de permanence d'imagesfixes qui accaparera l'attention au détriment des images animées. Elles tendent a former un film dans le film; ces coupures de fantaisie, qui brisent le sens du texte et obligent le spectateur a un travail de recom- position sont d'un illogisme brutal sur lequel il est inutile d'insister; enfin certains types de caractères typographi- ques sont difficilement utilisables au cinéma. On a puise un peu a tort et a travers dans les catalogues des fondeurs. Exemple le Nicolas Cochin supporte difficilement l'épreuve de l'agrandissement considé- rable de la projection; il devient vite fatigant et illisible, surtout pour peu que les mots comprennent beaucoup de b, d'h, d7. On ne s'est pas aperqu non plus, tout d abord, que pour conserver leur élé- gance et leurs proportions originales aux caractères (i) Remarquons simplement que ce style impose par les necessites technique* du cinéma a influence la littérature contemporaine (Cendrars, Mac Orlan, Jean Cocteau, Paul Alorand, Delteil, et plus significatif René Clair avec AoaniS). d'importance différente, les artistes ne se sont pas toujours contentés d'agrandir le type original ainsi en est-il du Didot, ou dans les différents c°i"Ps grosseur des déliés n est pas pro- portionnelle a celle des pleins; le projetant on aboutit done, en réalité, a une déformation. Sur tout que, dans la pratique, pour faciliter le travail de fabrication des sous-titres, il est actuellement de regie de faire les compositions aussi petites que possible (format carte de visite environ). Consequences utilité incontestable d'une serie de types de caractères d'imprimerie spécia lement etudies en vue de leur agrandissement photographique et de leur déformation plastique possible. Série, paree que cela peut entratner, par exemple, Ie choix d'un type de caractère différent pour les principaux personnages du film, de faqon a accroitre la rapidité de compréhension du texte chez le spectateur (la couleur pouvant intervenir également); un type de caractère convention de plus etant etabli une fois pour toutes pour les sous-titres généraux ou les commentaires suppléant aux images. Attendant cela et 1 espérant, on peut noter le choix qu ont fait certains réalisateurs intelli gents du cinema de caractères existants qui se i appi ochent le plus dun type photogénique Essais de Jean Epstein et de Bertrand Guégan pour Pajteur, par exemple, et, tout proche, essai complet d'André Gide, Mare Allégret et Peignot pour les textes qui complètent Ie Voyage an Congo, avec emploi de l'antique maigre large et de l'an- tiquecarree. Résultat d'une expérience patiente, et heureuse disposition pour la facilité de la lecture, sans compter l'élégance, la lettre venant en blanc sur noir. On peut dire que les sous-titres du Voyage au Congo ont Ia valeur d'une sélection et d'un exemple. Avis aux cinéastes. 3° Expression Puisque élément statique le sous-titre est artificiellement introduit dans le film élément dynamique il s'agit de l'associer le plus complètement possible a l'expression de l'ensemble. Comment? En l'animant. A moins que l'arrêt qu'il marque nécessairement soit utilisé dans des cas spéciaux par le cinéaste afin d'obtenir un effet exceptionnel par exemple quelque chose dans le genre de la syncope musicale, ou bien afin de marquer mieux une cadence dans le montage du film proprement dit. Les cineastes ont bien senti cette nécessité du mouvement dans le sous-titre. Ce qui les a amenés, parfois, a surimpressionner la lettre sur des images prises dans le film et des images animées, ou bien

Arts et Metiers Graphiques fr | 1927 | | page 26