Monseigneur de Guyenne, fils aïné du roy et Dauphin rapporte qu'après la mort de celui-ci, son frère Jean fut tenu et réputé Dauphin, et ainsy le nommoit-onC'est «environ de 1350 a 1390 que pour éviter une amphibologie encore possible, pour spécifier en un mot qu'on Parle d'un prince et non d'un marsouin, c'est alors qu'on appelle Dau phin de Viennois l'héritier de la couronne, paree que le titre est encore nouveau, étrange, mal compris. Quelque vagues que soient en prin cipe les mductions tirées du vocabulaire, celle-la est a considérer; car elle témoigne d'un usage déterminé par un fait historique précis et dont la désuétude s'explique en même temps qu'elle se constate. Résumons ci-dessous en deux lignes tout ce que nous savons de notre auteur C était un moine de Picardiequi écrivait peu après 1368, vers 1380 approximativement. Suivons le conseil de M. Pottier. Décapitons, mais un peu plus qu'il n avait fait j tranchons les deux premieres syllabes de chaque mot. Que trouvons-nous D'abord Vabê ou VAbbé, n'est-ce pas? les deux orthographes sont de l'époque. Ensuite Samer. Qu'est-ce que Samer? une abbaye des Béné- dictins. Oü était-elle située? en Picardie, prés de Boulogne. Ainsi nous cherchions un moine picard, et dés les deux premiers mots, en suivant de la fa^on la plus simple et la plus régulière les indi cations de l'auteur, nous trouvons l'Abbé (de) Samer c est-a-dire un bénédictin du Boulonnais. Du même coup nous expliquons les vers 5 et 6 qui embarrassaient TUDIONS maintenant avec ces données l'énigme qui dissimule le nom de l'auteur, et qui est redevenue tout a fait mystérieuse depuis qu'il n'est plus permis d'y lire les trois syllabes de La Salie. De labelle la teste oustez Et samere decapitez.

Arts et Metiers Graphiques fr | 1930 | | page 12