Le Remy de Govrmont Chateav Singvlier. LE CENTAVRE» ÜSPAR MAVRICE^fi DE GVERIN&*&*$*> CIO 10 CCC XCIV HIRE DU CHATEAU SINGULIER (105 x 130"],,) 1894 dans son octroi de Montrouge, Le peintre de la Bohé mienne endormie fit pour 1 'Ymagier une grande lithogra phic a la plume, sans doute bien peu connue, tirée sur papier orange foncé et symbolisant, naïvement et féro- cement, les horreurs de la guerre. Pour eet homme simple, la guerre était a la fois un souvenir de la ballade roman- tique de Lenore et une variante meurtrière du combat d'un tigre contre un Arabe, dans un paysage moins riant qu'une forêt d'orangers... Alain Jans faisait la transition entre les anciens et les modernes, et interprétait a la plume de vieilles statuettes de piété en pain d'épices. Des bois allemands, italiens et francais des xve et xvie siècles, souvent réduits et parfois hélasregravés, une profusion d'images de piété, des vignettes rouennaises ou troyennes, quelques anciens bois japonais ou hindous, des pages de livres gothiques, des marques d'imprimeurs, avec celle des Gourmont en bonne place, de grandes images d'Épinal, compo- saient la partie rétrospective de la revue. Le texte, volontairement effacé par l'iconographie, se divisait en commentaires sur les gravures, en réimpressions d'oeuvres du moyen age mises en orthographe moderne par Gourmont Aucassin et Nicolette d'après la version de Lacurne de Sainte- Palaye, la Patience de Griselidis, le Miracle de Théophile de Rutebeuf, le Ludus super iconia S. Nicolai d'Hilarius Monachus, et quelques délicieuses chansons popu lates anciennes avec leur musique. Une étude de Gourmont sur la poésie populaire ancienne était précédée d'une épigraphe qui résumait assez bien le ton pittoresque et doucement ironique de la revue; c'était une inscription lue sur la porte d'une laiterie aux environs de Marseille Les personnes Qu'elles veulent boire du lait Qu'elles se donnent La peine d'entrer. Mais Gourmont et Jarryse brouillèrent après le quatrième numéro. Gourmont continua seul et établit les quatre fasci cules qui composent le second tome. Puis, pour ses sous- cripteurs qui avaient droit a un neuvième numéro, il fit avec Georges d'Espagnat 1'Almanach de 1' Ymagier. Quant a Jarry, il fonda une revue destinée a concurrencer V Ymagier; ce fut Perhinderion au titre hermétique (en breton, ce mot signifie pèlerinage. Pour imprinter sa revue, Jarry avait fait venir d'Amérique du moins il le laissa croire a ses amis un caractère inconnu en France, le Mazarin, inspiré du Jenson et plus noir encore, qu'il baptisa pompeusement le caractère du Perhinderion Faute d'argent, Perhinderion n'eut que deux nuntéros, devenus introuvables. Avec son Mazarin qui lui restait pour compte, Jarry fit imprinter chez Renaudie Uhu Roi, qui parut en juin 1896. Peu après, pour se libérer d'une vieille dette de soixante francs, il céda a Renaudie son petit stock de caractères Alfred Vallette avait servi d'intermé- A PARIS LIBRAIRIE DV MERCVRE DE FRANCE, XV, RVE DE L ÉCHAVDÉ. M DCCCC. TITRE DU CENTAURE DE MAURICE DE GUÉRIN (iooxi) 6 VIGNETTE GRAVÉE SUR BOIS PAR GEORGES D'ESPAGNAT,

Arts et Metiers Graphiques fr | 1930 | | page 22