,iii, impression typographic! ue AUX ENCRES A L' EAU y. 26 L Nous avons vu, lors de l'étude du procédé américain d'impression a l'eau Jean Berté tout le matériel spé cial qui était nécessaire pour atteindre au résultat cherché. II faut en effet des clichés de caoutchouc habilement gravés au couteau on les encre avec des couleurs spéciales a l'aide de rouleaux dont la composition diffère considéra- blement de celle de ceux dont on se sert pour l'impression typographique ordinaire. Pourquoi avoir été chercher si loin des choses si difficiles et si compliquées Regardons simplement autour de nous et nous ne tarderons pas a nous apercevoir que le fond de garantie des chèques est imprimé a l'eau, dévoilant ainsi irrémédiablement la moindre humidité mal intentionnée. Or, ce fond n'est pas tiré d'après un cliché de caoutchouc, rnais bel et bien en typo sur des clichés ordinaires, parfois sur des caractères minuscules formant filigrane et avec les rouleaux ordinaires en gélatine. Forts de cette constatation, nous avons tenté d'appliquer a tous les travaux d'impression a l'eau ce qui était utilisable pour les chèques. A eet effet, nous avons réuni dans une forme les éléments les plus divers afin de mieux coaliser les difficultés, soit une nappe dégradée de filets typo- graphiques, un cliché zinc au crachis, un cliché zinc a plat, quelques caractères antiques et quelques normandesnous avons laissé a la machine ses rouleaux habituels et nous nous en sommes servi comme de coutumeseules les encres utilisées ont été spécialement destinées a l'impression a l'eau. Après quelques tatonnements, inhérents a toute expé- rience, nous avons obtenu des résultats comparables, et mêrne supérieurs a ceux que nous connaissions du procédé américain dont il a été fait mention plus haut. En elfet, le cliché de caoutchouc qu'il nécessitait suppri- mait tous les progrès de reproduction fidéle par la photo- graphie et limitait a l'habileté du graveur le repérage des éléments juxtaposés ou superposés dans le tirage poly chrome et cela ne devenait en somrne qu'un travail de pochoir mécanisé on obtenait des travaux s'apparentant assez bien a l'imagerie naïve, aux papiers peints, rnais totalement opposés a la formule si heureuse de René Zuber On doit se représenter le progrès cömme la plus grande appro priation du moyen au résultat cherché. Et le procédé que nous préconisons est des mieux appro- priés au résultat que nous cherchons. Nous voulons obtenir i° Le fac-similé exact du modèle original or nous pouvons utiliser des clichés de photogravure, des galvanos, des lettres et filets de fonderie. 2° Reproduire la matière employée par l'artiste (encre, crayon, aquarelle, gouache, etc.) or nous pouvons choisir entre les encres a l'huile et les encres a l'eau transparentes ou opaques, celles qui rendront avec exactitude l'une ou l'autre de ces matières. 3° Réaliser ces tirages sans complication mécanique or nous pouvons employer le matériel d'imprimerie tel qu'il existe, sans y rien changer pour passer du tirage avec encres a l'eau au tirage avec encres grasses, et sans avoir a réduire la vitesse de production. On voit done qu'on peut désormais tout imprimer ainsi, des clichés ou du texte, réunis ou séparés, qu'on peut resteindre l'effet des encres a l'eau a leurs ressources de matité ou le conjuguer a celles des encres grasses brillantes, tirer des tons clairs sur des papiers sombres. Seuls quelques soins sont nécessaires pour mener cette opération a bien, quoi qu'elle ne soit pas beaucoup plus difficile qu'un tirage typographique délicat (trichromie par exemple). DES SOINS A PRENDRE PAR L'IMP RIME UR Forme. Mise a hauteur typographique trés exacte des clichés. Nettoyage attentif avant la mise sous presse, en préférant a l'essence et au pétrole l'acétate d'amyle et l'éther ou l'ammoniaque suivi de cyanure de sodium a 20%, bien rincer ensuite a l'eau pure. La moindre trace de corps gras est a éliminer. Faire disparaitre les taches d'oxyde sur les clichés métalliques. Rouleaux. Prendre de bons rouleaux, bien centrés, en pate rouge demi-dure, si possible; les dégraisser sans érafler leur fleur; les laver trés attentivement avec une solution d'alun. Cette dernière opération doit être faite par un ouvrier soigneux afin de garder a la matière du rouleau son centrage rigoureux et l'imprégner uniformément d'alun qui en durcira la pellicule extérieure. Nous préconisons 1 emploi de simples rouleaux trés ferrnes si le durcissement n'a pas été parfaitement obtenu et surtout s'il s'agit d'un tirage sur machines a cylindre. Encrage. - Ne rien modifier a la disposition de la machine, la simplifier plutót en éliminant les chargeurs et tables intermédiaires des presses a cylindre ou les char geurs de touche des presses a platine. Régler tout parti- culièrement les rouleaux toucheurs (presses a cylindre) et les chemins de roulement (presses a platine). Encres. Chaque fabricant d'encres fournit avec ses couleurs le liquide de distribution adéquat. II semble préférable de s'en tenir a des additions purement dosées en respectant les instructions, spatules, tables de broyage, chiffons, rigoureusement propres et secs. Habii.i.age. L'habillage de la platine comme celui du cylindre est facteur primordial. Si le papier de l'ouvrage est grenu, bouffant ou peu collé, l'habillage sera demi-sec. Au contraire, pour les papiers trés collés, gélatinés, couchés, l'habillage plus souple sera préférable. Rapidement, avec un peu d'expérience, les bons conducteurs, ceux qui enfin savent imprimer intelligemment et profitent de la précision des organes mécaniques de leur machine, au lieu d'en perdre les avantages par un habillage matelas déterminent, dés la première feuille, l'habillage favorable. Mise en train. Avec les couleurs a l'eau, les défauts de mise en train sont capables de compromettre une impression fort simple a priori, ils sont plus apparents qu'avec les encres a l'huile et obligentau processus rationnel en corrigeant, d'abord, les inégalités de mise de hauteur typographique, en remédiant ensuite aux défauts de planage des clichés et a ceux de montage par la mise entre cuir et chair Sur le cylindre comme sur la platine un découpage manuel ou chimique et le moins possible de béquets N'est-ce pas, au reste, la seule manière de bien imprimer? G. Chardon. Ci-contre Reproduction d'une gouache de Jean Hugo J»' Rornéo et Juliette de Jean Cocteau Au Sans Pareilédit.) CA blanche a été tirée par Dehon el Cie avec des encres a l'eau p*1 les aplats noir et bleu el des encres grasses pour le trait tray*

Arts et Metiers Graphiques fr | 1930 | | page 36