charmants, ni agréables au toucher, ni dignes de l'oeil. On les prenait pour des désirés de 1'instinct. Une lampe n'était plus bonne qu'a donner de la lumière comme un mouchoir n'est utile qu'en cas de rhume. Les hommes mangeaient, dormaient, faisaient leur service mi litaire, touchaient leurs coupons et mouraientIls etaient sur le point de perdre le sentiment de la Patrie de perdre le sens du Lendemain. Mais bientöt la publicité leur fut rendueQuel prodige, non, miracle! Pareils a des exilés qu'unouragan aurait rejetés dans la ville natale, on vit des êtres embrasser 1'image du beurre, se prosterner devant la reproduction de l'épargne, de l'ivresse, du dormir du voyage, de l'hygiène. Les boutiques furent envahies.' Enfinl'on savait quel était le meilleur rasoir le meilleur disque, le plus joli bas de soie. De nouveau, "es choses obligeaient l'homme a se détourner lorsqu'il passait dans les rues. II n'était plus seul On lui parlaitLes plus sensibles éprouvèrent de grands tu- multes de tendresse pour certaines affiches générale- ment tenues a l'écart. On réhabilita le cirage les produits de nettoyage, les purges pour chiens, les succé- danes de la viande, du légume et du vin. On eut des sourires pour toutes sortes de palimpsestesaffiches evoquant de pénibles élections législativesprocla mations de gouvernements au rancartfours célèbres products condamnés, scandales, poisons. II devint agreable^de feuilleter une revue, de parcourir un journal. La vie etait revenue chargée de dons. Les affaires -.eprenaient au grand m'é'contentement des coiffeurs ureuses de cartes et gens de droite qui n'avaient plus suJets de conversation. Le moindre imbécile se croyait abondant, érudit, farci d'images; le député se croyait poete, le poete se croyait Dieu. Je me reveiHai. Je croyais toujours que j'étais Dieu, maïs je sentais, mieux que jamais, que j'avais bougrement besoin de cloches. tn« -Tl «7a

Arts et Metiers Graphiques fr | 1935 | | page 14