Roger de la Fresnaye, enlevé si prématurément, nous a laissé, puisque nous parions dessins, la seule série de crayons que nous puissions comparer a celle de Picasso. L'atmosphère du Midi, oü il passa ses dernières années, le reporta vers l'ordre classique. La tristesse de sa vie intérieure, angoissée par la menace d'une mort prochaine, influence son dessin incisif des Palefreniers qui ont fait penser a Paolo Ucello, de 1'Homme toussant, du Malade. En 1920, certains crayons ingristes lui font inscrire sur ses ceuvres la date de 1820. Son propre portrait a la mine de plomb, charge de tristes reflexions, son Vaincu, ses dessins pour Paludes nous le montrent marchant toujours sur la route qui va d'Apollinaire aux maitres it aliens. II meurt aussi jeune que Gior- gione et n'a pas achevé sa courbe. II faut citer les beaux dessins rehaussés de Braque Femmes assises, les gravures de Villon, de Survage, de Marcoussis, de Gleizes, d'Herbin, de Fernand Léger. II est naturel que les fidèles du cubisme soient mieux représentés par leurs pein- tures que par des dessins géométriques dont la sécheresse n'est guère atténuée par les ombres. Vuillard. La Cuisine. Lithographie en couleurs. Coll. Vollard. «•fes» Rouault. Eau-forte. Coll. Frapier.

Arts et Metiers Graphiques fr | 1937 | | page 26