Les dessins de mode, par les exigences de sensation qu'ils supposent chez celles a qui sont destinées les revues d'élégance de notre temps, appelaient au contraire la magie et la variété des couleurs elles avaient nommé Bérard. II y avait en quelque sorte nécessité de mettre sous les yeux d'une clientèle assuré- ment assouplie, mais clientèle d'abord, des ensembles, des modèles et des parures dans l'état même qui en fait précisément ces objets-la. D'oü nécessité de plaire. Dans cette partie a jouer, Bérard, après avoir fait la part du document et celle de l'art, a pris, sans la moindre concession, le chemin de l'impression intellectuelle les modèles qu'il dessine, il nous les propose accompagnés, en quelque sorte, de l'effet qu'ils produisent et produiront. Telle jeune femme au corsage rose, on la voit a table, a l'heure du thé, on est séduit déja par son attitude irréprochable et ambiguë, on sait ce qu'on lui dira, on l'aimera pour ces riens que lui ajoute une mode a la fois trés ingénieuse, fort instruite de la femme et merveilleusement servie par un dessinateur d'une jolie et forte personnalité. G'est par la que Bérard a su rester Bé rard. Le voila sur le point de faire de la mode non plus une simple matière a cro- quis, mais une branche de l'art, et seule- ment paree qu'il a su imaginer en partant de ce qui est, et qu'il est arrivé a dérober a la mode, si peu photogéniquemais si éloquente, un peu de ses énigmes. G'est par l'imagination encore que Bé- 28 Décors de Ylllusion Comique de P. Corneille. Comédie Fransaise. Photos Lipintzki.

Arts et Metiers Graphiques fr | 1937 | | page 42