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AM «-AA^ia A nX4 ~^x,XAyrA, Ha^-aaV, Xi «^taVU_ «iA /~CA/Vlt-XA^ Xal+vu^h ,t pagnentjsont, chacun, exactement contemporains de chacun des spécimens d'écriture l'un est une photographie d'amateur de 1891, l'autre, un instantané de 1936. Si j'ai supprimé les raisonnements qui étayent mes déductions, ce n'est pas que j'aurais eu peine a en produire, mais pour les débarrasser de tout un appareil qui sent trop son pédant. En aoüt 1891, Léon Blum est en vacances en Suisse, après sa première année de Normale. II écrit a René Berthelot, l'un des fiIs de Marcelin, en villégiature chez son ami, Ie poète Ferdinand Hérold. Leurs noms commenqaient par un B et ils avaient maintes fois voisiné au Concours Général. Une sympathie, qui n'afait que s'approfondir, les a rapprochés plus que i'alphabet. lis firent en semble leur rhétorique et leur philosophie, ensemble se prépa- rèrent a Normale, oü ils entrèrent ensemble. L'un et l'autre sont restés grands amis des écrivains. Mais sur- tout des poètes. René Berthelot devait, toute sa vie, interroger et interpréter des textes d'autrefois, philosopher a leurs propos. Léon Blum, toute sa vie, les textes de lois et les moyens de rendre les hommes, füt-ce de force, un peu moins malheureux. Ils étaient, en 1891, tout a l'ivresse d'apprendre, au plaisir de rire de tout, y compris soi-même, école qui conduit, mieux que d'autres, a prendre beaucoup de choses au sérieux. C'est a Henri IV qu'ils firent connaissance d'André Gide qui_ pour être un des écrivains de ce temps, n'a pas moins que Voltaire, auquel il ressemble par plus d'un trait, Ie goüt de la plaisanterie. Leur enthousiasme pour les lettres et leur penchant a ironiser étaient faits pour les unir. Mais non moins l'intérêt qu'ils portent au sort des humains. Ils ne se sont plus désunis. Léon Blum et René Berthelot furent re^us a Normale, rnais Léon Blum fut refusé a la licence. Quand on demande a un autre de leurs camarades de I'École, M. Bouglé, qui, aujourd'hui, la dirige, comment un jeune homme, qui savait tout, a pu être refusé a un examen, il répond que tout Ie monde peut l'être, ajoute, pour preuve, qu'il a bien été lui- même refusé d'abord a la licence. A l'École, les deux amis occupent la même turne avec M. Bouglé et un journaliste, mort depuis, André Beaunier. On les appelait les quatre B Ils renchérissaient, s'appelant eux-mêmes les quatre [5 Léon Blum n'a p ssé a l'École qu'une année. C'est qu'il fut refusé de nouveau a la licence a la fin de cette année. Or, c'était une obligation, pour les élèves de seconde année, d'être licenciés. Léon Blum, qui s'était déplu rue d'UIm, ne s'émut pas de ces échecs, qui devaient Ie délivrer de l'internat. II fut d'ailleurs requ plus tard. Pour Ie plaisir. A la licence en droit également. Souvent il a été malheureux aux examens. Excès de timidité sans doute. Peut-être excès d'assurance. Ou les deux. Avant de devenir une des célébrités du Conseil d'État, il a été refusé a son premier concours. Ala stupéfaction de sesconcurrents. Léon Blum, au lieu d'envoyer la lettre du directeur de l'École, M. Perrot, l'engageant, après deux échecs, et sous la menace d'un troisième, a quitter une École oü il ne se plaisait ni ne plaisait (mais il ne dit pas que ce n'est qu'a certains maitres et aux moins doués de ses camarades), s'amuse, pour amuser Berthelot, a un jeu oü il réussit a merveille une charge de leur directeur et du ton d'académie et ne s'épargne pas lui-même. Dans Ie morceau, on devine aisément, surtout après coup, l'auteur des Nouvelles Conversations de Goethe avec Eckermann (I). Ce M. Perrot est si ressemblant qu'il n'y a rien a ajouter. Tout au plus un trait que je crois bien tenir d'une autre célébrité de l'École, Ie philosophe Lévy Bruhl, qui y fut Ie condisciple de Jaurès. Dans une de ces revues qu'on représentait a l'École, M. Perrot n'entrait jamais que précédé de son huissier, porteur d'un plat oü Ie directeur mettait chaquefois ses pieds avant que d'ouvrir la bouche. Quant a la page de discours, el Ie est tirée de celui que Léon Blum pronon^a Ie 21 avril 1936, a Narbonne, au début de la campagne électorale, et qui fut radiodiffusé (2). Ce qui frappe d'abord dans ces deux spécimens, tracés a qua- rante-cinq ans d'intervalle, c'est que l'écriture, déja d'un homme a dix-neuf ans, est fixée une fois pour toutes. Les deux écritures, ou la même, se ressemblent bien plus que Ie jeune homme qui, une fleur a la boutonnière, se pare de son insouciance, a l'homme qui a eu tout le temps de la perdre et d'oublier tout le plaisir pris a du factice pour ne goüter plus rien autant que Ie naturel. Ce qui ne saurait être une raison d'éviter les occasions de rire. Même d'un rire qui agite les épaules autant que s'il les secouait. Rien de plus émouvant que cette continuité. De quoi rêver a l'unité d'une ame ou de I'esprit. Les caractères vont droit leur chemin et le devoir qu'ils se tracent est aussi peu sensible au blame qu'aux applaudissements. I) Parues d'abord dans les fascicules de la REVUE BLANCHE, el les y furent éditées en volume en I 90 IElles ont été rééditées plusieursfois. La dernière, en juin, aux EDITIONS GALLIMARD. (2) Le lecteur retrouvera Ie discours entier dans Ie recueil de ceux qu'a pro- noncés Léon Blum en I 936 et I 937, rassemblés et présentés, avec un avant-pro- pos et des notes, toutes utiles, par son fils Robert Blum. LÉON BLUM, L'EXERCICE DU POUVOIR. PARIS 1937. GALLIMARD.

Arts et Metiers Graphiques fr | 1937 | | page 59