dES FaIts récents, comme I'assassInat dE Jean sans Peur (IN" 149), Les AntIquces judAïguES (N° 186, Les ÉcIiecs amou- L'bisToiRE ds Ia MiNiATURE Francaïse s'arrete vers 1500. C'est Ia dATE dE ses dERNiERS pRoduiïs, comme Ies Heures diTEs d'HENRi IV ou Ie bEAU Boèce dE CaHIon. L'artIste cbERcbE LOUIS GILLET GrancIes Heures dE Ro^an (N°159, pAqE 55). Le LivRE dE Ia ckASSE (N° 179, pAqE 52). Hvre dES Tour- Nois du Roi René (N° 126, pAqES 54-55). PROpRiÉTAiRE dES closes (N° 177, pAqE 56). MoRlifiEMENT dE VAiNE pUisANCE (N° 125, pAqs 56). ChRONipuE cI'En- qUERRANd dE Mons- treIet (N° 149, pAqE 57). pAqE 58). doulEURS, joiNT L'uNE a L'aUTRE IeS TRois STROphES dE CETTE ÉlÉqÏE qRANdiosE, oil Ie cisl et Ia terre con foNd ent Ieurs sANqloTS. Des NUÉES dE chÉRUbiNS ElViplisSENT IVblME dE IeURS CRIS. Ce MEME FACE A Face, CE SOMbRE TETE-A-TETE AVEC DiEU, pEUT-ÊTRE RENdu plus pATbÉ- ïiQUE PAR La SUppRESsioN du qROUpE iNTERMÉdiAiRE, SE RETROUVE A La pAqE subLiME dE Ia Mort du CbRÉTiEN (IN" 159) c'est Aussi qRANd que Ia CreatIon dE I'Homme a Ia voute ds Ia Six- tIne, MAis plus émouvant pAR Ia m éIancoU e soucIeuse du Créateur, Qui coNTEMpU, AflliqÉ, U naufRAqE dE sa creature. On ne saIt RiEN du MAITRE Qui A pEiNT CES SCENES pRodiqiEUSES. DuRRiEU ÉNUMÈRE TROis AUTRES MANUSCRiïS Qui pEUVENT lui ETRE ATTRibuES, ET pROpOSE, ON NE SAiï SUR QUeIIeS pREUVES, Ie NOM d'lIN CERTAiN LESCuiER. On pRÉFÈRE QUE CE MicbEbANqE RESTE iNCONNU. Du RESTE, RiEN N'ÉqAlE U VARiÉrÉ dES foRMulES, Ni U libERTE dss taIents a cette dATE; il ExisTE aIors une souplEssE, une FacuIté dE TOUT diRE, UNE viRTUOsiïÉ EXTREMEMENT ModERNE U cbARMANTE FiqURE dE VaIeNONE dE MilAN SEMbU dÉjA UNE sÉpiA d'uN EvARisTE FRAqoNARd un EXEMpUiiiE dE Gaston PbÉbus (N° 179) a dES dESsiNS AU TRAiT, Qu'ON pOURRAÏT pRENdRE pOUR dES CROQuis d'uN AlbuM jApONAis, TANdis QUE U LiVRE dES ToURNOis (IN0 126) AVEC SES AQUAReIUs EMpANAcbÉES, s'il n'étao surement dATÉ dcl592, pASSERAiT AisÉMENT pOUR I'AlbuM d E QU eIqU E ROMAN- TiQUE. AjOUTEZ A CeIa, dE Ia PART dES ÉdiTEURS, UNE REcb ERcbE CONTÏNUeIIe pOUR VARiER U MÏSE EN pAqES (IN" 177), MARiER Ie TEXTE ET li I lUSTRAïioN d'uNE MANiÈRE AMUSANTE, EN ModiFiER I'ASpECT ET l'ÉQuilibRE. En MÊME TEMpS ON ASsisTE dE Ia pART dES pEÏNTRES A UN EFFORT plus qRANd pOUR EMbRASSER plus dE choSES ils UTilisENT 1'AllÉqORiE pOUR EXpRiMER IeS idÉES AbsTRAiTES (IN" 125), et Font pAR aUIeurs concurrence a Ia réaUté. Les Uvres d'hisroiRE EN pARTÏCUUER SONT TRES EN VOqUE ET Us iUuSTRATEURS REpRESENTENT OU dES SCÈNES ANTiQUES COMME U MORT dE LuCRECE, MAis AVEC dE qRANd ES libERTÉS pOUR l'EXACïiTud E dE CES dERNiÈRES. Si ON VEUT MESURER Ie chEMiN pARCOURU dspuis l'ÉpOQUE pRECÉdENTE, ON RAppROchERA pAR EXEMpU Ia Vis dE SaInt Louis du dÉbuT du XIV" siècU, AVEC Ie MEME TEXTE, ENluMiNÉ AU TEMpS dE CEarIeS VIII, OU ENCORE Ie MAcbAUT AppARTENANT AU due dE BERRi, AVEC Ie MÊME MAcbAUT psiNT SoixANTE ANS plus TARd pAR Ie MAITRE AUX boQUETEAUX On VERRA Ie pROqRES dE Ia coMplicATioN, Ie NOMbRE toujours plus qRANd dE (IétaHs ACCUMulÉS, Ia SOMME dE RENSEiqNEMENTS QUE Ie CURiEUX pEUT EN TiRER. On diRAiT IeS REMANiEMENTS, LeS idfAciMENTi SUCCESsiFs dE NOSviEUX ROMANS, Qui NOUS ARRÏVENT, A Ia FiN, SURCbARqÉs d'Épi- sodss, dE plus EN plus pRolixES, dE plus EN plus iNTERMiNAbUs. Le pEiNTRE, AyANT dÉCOUVERT Ie MONdE exterIeur, ne s'arrete plus dE If dÉciiire il nous NoiE un pEU dANS son AiMAbU bAVARdAqE. CEpENdANT, AU MiliEU dE CETTE ECoIe dE CONTEURS FACilES, Ap- pARAIT UN ARTisTE Qui IES dÉpASSE TOUS, ET Qui s'ÉlÈVE AU-dESSUS dE Ia FouIe dES siMplES ANEcdoTiERS, AUTANT QUE FaÏT FfiOisSART AU- dESSUS dE MoNSTReUt. On n'a plus RiEN A AppRENdRE dE U qRANdeur ds Jean Foucquet (IN" 186). Tout Ie MONdE saIt auj'our- d'hui QUE CET ARTisTE iNSiqNE EST UN dES plus bEAUX MAITRES Franqaïs. SeuI, il A su joiNdRE a I'iMpRESsioN du reeI, du MulripLE, du diVERS, CeIIe dE Ia MASSE ET dE L'uNÏtÉ, ET doNNERA UNE pAqE dE MiNiATURE, Ia diqNiTÉ dES Fresques. II connaIt I'ItaUe, et en a RAppORTÉ, AVEC UNE FouIe dE NOUVEAUTÉS dANS I'oRNEMENT ET U dÉCOR, CE Qui VAUT bEAUCOUp MiEUX, Ia NOTiON du STyLE, MAis SANS lui SACRifiER jAMAis Ia FRAIcbEUR dE SON SENTiMENT iNqÉNU dE Ia viE. La BataïLIe dss MAcebAbÉEs FourmïIIe dE morceaux diqNES dE PaoIo UcCeIIo, ET CEpENdANT ON N'y SENT RiEN dE La TENsioN UN pEU pÉdANTESQUE du MAITRE ÏTaIÏEN il NOUS doNNE EN PASSANT Ia VUE Ia plus EXACTE QUE NOUS AyONS du viEUX SAiNT PiERRE OU Ies plus ÉTONNANTS pAySAqES dES AlpES MAis SURTOUT c'est a lui QUE NOUS dEVONS, AVANT CoROT, I'iMAqE U plus juSTE dE Ia nature FranqaIse. RiEN ne I'iNTiMidE, RiEN ne I'emLarrasse PetItes Heures (J'AnNE dE BllETAqNE» (N° 194, pAqE 59). Heures dE FERdi- NANd d'ARAqON N° 192, pAqE 59). La CiïÉ dE DIeu (IN0 204, pAqE 60). DiuRNAl dE René II, due dE LorraIne (N° 128, pAqE 61). REUX (hORS TEXTE en couIeurs N° 208, pAqE 62). Les HÉRoTdES d'OvidE (N° 202, pAqE 62). iNoiAToiRE Instruc tion en Ia REliqioN chRÉTiENNE (N° 209, pAqE 62). jAMAis UNE OMbRE dE boURSOuFluRE OU dE pRÉTENTiON CET obsER- VATEUR ÏMpERTURbAbU ET d'uN qOLIT SANS dÉFAUT, Qui A TOUR A TOUR TOUS Ies TONS, FAMiliER, NobU, bÉROÏQUE, CE boNboMME Qui diT TOUT SANS jAMAis SE pEfidfiE dANS Ie dÉTAil, SAiT TOUT SANS JAMAis AbuSER dc SA SciENCE, CElui-lA dEMEURE UN dES ModÈUs ET UN dES MAITRES dE U MESURE FRANQAisE. ApRÈS lui, il NE RESTAiT qUERE plACE Qu'A UNE OpÉRATÏON dE Fib TRAqE. ApRÈs ce qRANd boui Hon n em ent d'idÉEs du XVe siÈcU, il NE RESTAÏT Qu'a dÉCANTER t cboisiR UN pETÏT NOMbRE dE ïbÈMES, ET IeUR pRETER TOUTE Ia qRACE doNT ils SONT SUSCEpTÏblES, RESTREÏNdRE Ie NOMbRE dES pERSON NAqES, ET IeUR doNNER plus d'i M pORTANCE, Ies SOUMETTRE a CERTAiNES REcbERebES d'bARMONÏE, c'est CE QUE Fiï Jean BouRdichoN, Ie maitre AiMAbU, bEUREUx, dES Heures d'ANNE de BRETAqNE (IN° 194), dES Heures d'ANqoulÊME dES Heures d'ARAqON (N° 192). On trouve cbEZ lui, comme cbEZ SON CONTEMpORAiN Ie SCulpTEUR Michel ColoMbE, UNE CERTAiNE doUCEUR, UNE SUAViïÉ ET UNE qRACE dE FoRMES, Qui sont Ie cbARME dE cette b eu re souRiANTE dE Ia RenaIssance l'ÉCUEil dE BüURdicboN A ÉTÉ dE SE RÉpÉTER bEAUCOUp il EST SOUVENT TOMbÉ dANS U pRoduCTioN iNduSTRieIIe, ET SA qloiRE EN pATÏT MÊME dANS SES MEilUuRES CEUVRES, il N'ÉviïE pAS TOUJOURS UNE CERTAiNE bANAliïÉ, UN qOUT SENTiMENTAl, UNE FAdEUR Qui RAppcllE Ie qENRE cbfiOMO C'EST QUE CETTE bEAUTÉ, si REMAR- QUAblEchEZ lui, NE lui A pAS ASSEZ COUTÉ eIIe n'eST qUERE Qu'UN ReFIeT. EIIe N A pAS ÉTÉ ACQuisE, COMME eIIe I a ÉtÉ A FloRENCE, pAR UN ApRE TRAVAÏ L ET UNE pASsioN dE Ia FoRME, pAR UNE ÉTudE du CORpS buMAiN, Qui FaIt 1'unIqUE objET dE l'ART iTAliEN, dE DonateIIo a VERROCcbio. II FAudRAiï FaIre une plACE a maÏtre FnANQois(N" 204) ET Aussi AUX ENluMiNEURSQui TRAVAÏ IIÈRENT pOUR René II dE LorraIne (IN"128.) ArtIstes pUiNS cIe cbARME, MAis Qui NE pEUVENT ÉviïER TOUTE CRidQUE. La MiNiATURE FRANQAisE s'eST bEAUCOUp dispERsÉE dANS Ie piTTORESQUE, U pAySAqE ET IES cbosES iNUïiIes et c'est pouRQUoi, avec tout son EspRiT et ses MAITRES SUpÉRiEURS, eIIe n'a pAS FoRMÉ UNE qRANd E ÉCoIe, AU SENS qu'a EU CE MOT A FloRENCE OU A PAdoUE. La pART dE l'illuSTRATÏON, cbEZ CES ARTisTES si biEN douÉS, I'eMpOIÏTE pRESQUE TOujoURS SUR Ies pARTiES sÉvères dE I'art. C'est Ia ranqon doNT Ia pEiNTURE FRANQAisE A pAyÉ, AU XV® siÈcU, Ie FaIt d'ÊTRE NÉE ATTAcbÉE A UN liVRE. A luTTER CONTRE Ia doubU CONCURRENCE dE U MiNiATURE COMMER- cïaIe et dE I'ïmpuimEiiie, pAR Ie Iuxe et Ie Fini métIcuIeux dl I'exécutïon. La MyïboloqiE antIque retrouvée renouveIIe pARfois SON ÏNSpiRATioN COMME CES ÉcbECS AMOUREUX Qui FuRENT EnIuMÏnÉs pOUR 1'iNSTRUCTioN du fuTUR FRANQOis ler. MAis Ia Forme est iMpERsoNNElU et dE SECONdE maIn, dE plus en plus EMpifUNTÉE AUX ModÈUs dE l'ItaIÏE, COMME dANS CES EXEMpUifiES iHustres dES HÉROÏdES d'Ovids (IN" 202). La MiNiATURE n'est pAS Ie TAblEAU. ELIe ne souFFre pAS l' eFFet Qui troue Ia pAqE. Dans SA pRÉcisiON d'ÉMAil, eIIe AcbÈVE Ól pERdRE TOUTE sa qENTillESSE ET Ia SpONTANÉiïÉ Qui Ia RENdAiT cbARMANTE. La dERNiÈRE MiNiATURE EXpOSÉE (N° 209) EST dEl527. C'eST Ie pOR- TRAiT d'HENRi d'AlbRET; il EST dANS UN jARdiN ET il CUeULe UNE MARqUERiTE. C'eST Ie lANqAqE dES FIeURS il AVAiT ÉpousÉ Ia SCEUR dE FfiANQois ler, Ia MARqUERiTE dES MARqUERiTES Pour Ia dERNiÈRE Fois, Ia viEiLLe MiNiATURE FranqaIse exLaIe son PArFum. Le poRTRAiT est peut-Être de Jacques Le LiEUR, et RAppEllE <Ie Fort pRÈs Ie STyU du viEux CIouet. C'est dANS un manuscrIt dE Ia Guerre CaIUque conservé a ChANTilly, que I'on a RECONNU EN eHeT Us pREMÏÈRES CEUVRES dE CloUET, IeS MÉdAÏlloNS dES pREUX dE MARiqNAN. BiENTÓT LeS pEiNTRES aIIaÏENT ÉchAppER AUX livRES; MAis ils y AVAiENT qRANdi, ET loNqTEMpS ils dEVAiENT EN CONSERVE!! QUeIqUE choSE. dE 1'AcAdÉMiE fRANQAiSE. 48

Arts et Metiers Graphiques fr | 1937 | | page 56