YVW Ine,, DENSOS 'OCAPTA V t 33 La planche placée en tête de cet article a été établie suivant les mêmes principes que celle qui a été consacrée a la leïtre B dans le n° 61 de cette revue. Elle retrace schématiquement l'histoire de deux lettres dont la caractéristique est d'avoir, après une évolution en apparence insignifiante mais cependant significative, retrouvé leur forme primitive, donnant ainsi l'impression de l'immobilité. LES formes i a 6 représentent les princi- paux types d'O que l'on rencontre du ier au xie siècle de notre ère. La forme i est ia forme capitale, telle qu'elle se lit dans un papyrus du milieu du ier siècle. On la retrouve aisément, plus ou moins régulière, dans les formes 2 a 5. Cet O n'est pas tracé, comme nos O modernes, d'un seul trait de plume, mais de deux traits courbes se rejoignant suivant un axe qui coupe obliquement, dans une direc tion nord-ouest-sud-est, la ligne horizontale sur laquelle repose l'écriture. Le copiste attaque done la lettre par l'extrémité supé rieure de la courbe de gauche (rouge), puis remonte attaquer l'extrémité supérieure de la courbe de droite (vert). Ce ductus est mis en évidence par les formes cursives Fig. 21. sortis ou O apparait en ligature avec les lettres voisines fig. 21 et 22et par la disposition des pleins. La raison d'etre en est simple dans une écriture orientée de la gauche vers ia droite, la main répugne a tracer un trait de droite a gauche et de bas en haut, et il est, en tout cas, impossible d'exécuter un plein de cette manière. Fig. 23. Ce n'est done qu'en deux traits de plume qu'on pouvait écrire un O présentant une disposition symétrique des pleins et des déliés. Aussi retrouve-t-on ce ductus dans toutes les capitales même les plus soignées (fig. 23) et les plus lécentes (fig. 24). Seule l'orientation de l'axe varie et se rap- proche plus ou moins de la verticale. Fig. 22. Orfito et Prisco Fig. 24. Les formes 2 et 3 sont deux des formes les plus cursives de cette écriture courante en usage du ier au me siècle, que les paiéo- graphes appellent l'ancienne cursive ro- maine Elles ne différent de l'écriture capitale que par ia taille, beaucoup plus exiguë, et l'irrégularité du tracé, mais le ductus fonda- mental reste le même. En général le trait de gauche (rouge) reste courbe, tandis que celui de droite (vert) tend vers la ligne droite. Dans la forme 3, qui est empruntée a une tablette de cire, matière oü les courbes se tracent difficilement, l'O se réduit a deux petits traits parallèles. Dans les documents écrits sur papyrus cette forme est rare, la courbe de gauche s'accentue au contraire en une bouclé que vient clore ie trait de droite, et qui est devenue suffisamment caractéristique pour que la lettre soit recon- naissable même Jorsque ce trait est absent (fig- 25). bio. 25. ignoro Cette forme achemine done a un ductus analogue au nötre oü l'o sera.it tracé d'un seul trait a priori, ce ductus n'est pas impossible la lettre est trés petite, l'at- taque a lieu non plus en haut mais sur le cóté droit, enfin le tracé est trop fin pour comporter une alternance frappante de pleins et de déliés, les raisons qui s'oppo- saient a un ductus en un trait dans la capi tale n'existent done plus. Cependant, si forte est l'emprise de l'éducation sur les scribes, que ce ductus est rare. Certains paléographes (v. g. H. B. Van Hoesen, Roman cursive writingPrinceton, 1915, p. 236) l'ont bien, il est vrai, considéré comme le plus fréquent, particulièrement jusqu'au milieu du ier siècle. Mais l'examen wm m -r-w Fig. 26. VI

Arts et Metiers Graphiques fr | 1938 | | page 43