d'hui cette harmonie de tendance et cette qua- lité générale qui apparaissent magistralement dans la production des artistes suisses contem porains. Mais il y a pour cela de bonnes rai- sons: Paris est un grand réservoir inépuisable dans lequel voisinent les talents les plus divers, voire les plus hétérogènes. C'est pourquoi I'art graphique publicitaire francais, loin d'offrir un visage aux contours précis, parait plutöt in stable et changeant: il refléte tout naturelle- ment la vie de la métropole, ses fluctuations et ses multiples aspects. L'art graphique publici taire francais, néanmoins, veut avoir un style et il le montre bien; on voit toujours reparaitre des artistes doués d une forte personnalité dans les oeuvres desquels cette volonté se manifeste clairement. On peut certainement mettre au nombre de ces artistes Jacques Nathan dont nous montrons de nouveau, après bien des an- nées, un assez grand nombre d'essais récents. Jacques Nathan est non seulement francais, mais encore parisien de naissance: son ceuvre montre toutes les qualités et les heureuses dispositions qui distinguent sa patrie et ses concitoyens-. le talent artistique auquel vient s ajouter le raison- nement. II a fait de solides études artistiques et acquis une grande expérience avant de se distin- guer d'une manière plus durable par ses affiches et autres travaux. II est maintenant au premier rang des artistes graphiques publicitaires fran cais et il incarne parmi eux un type bien déter- miné: celui de l'artiste posé et réfléchi. II est un artiste avant tout il le sait bien mais il est également au courant de tous les problèmes que pose la création d'ceuvres d'art graphique publicitaire. II sait que sa première tóche est de donnerauxceuvres publicitaires dont il est l'au- teur le maximum d'efficacité en les adaptant exactement au but poursuivi et en leur donnant en même temps la meilleurs forme artistique: il connait ainsi les difficultés du röle d'inter- médiaire entre ceux qui lui passent des com- mandes et le public. En mesurant exactement la situation et en exécutant chaque fois objective- ment la commande qui lui est confiée, il met en jeu les multiples ressources artistiques dont il dispose, ce qui donne a ses travaux leur valeur rationnelle et leur discipline. Son ceuvre, pour- rait-on dire, n'atteint sa véritatable sublimation artistique qu'après avoir passé par le filtre de la raison. Tout en sachant que l'art graphique publicitaire d'aujourd'hui, en raison de son immense champ d'application, a une importante fonction éducatrice, Jacques Nathan sent en même temps sur le plan esthéthique, I obliga tion de donner a chacune de ses oeuvres la meil- leure forme et la meilleure présentation artisti que. Eberhard Hölscher Cartes de voeux (pages 2027) Qui continue a envoyer des cartes de vceux a l'occasion des fêtes par exemple a Noël et au Nouvel An? N'est-ce pas au fond un usage désuet, complètement démodé? On peut répon- dre a cela que cette ancienne coutume connait actuellement en Europe un véritable renouveau et qu'elle a pris aux Etats-Unis une grande im portance économique (nous avons déja mis l'ac- cent sur ce point l'an dernier dans cette revue). Les Etats-Unis font une consommation massive de cartes de vceux, mais, a quelques exceptions prés, ceux qui les utilisent n'ont guère d'in- fluence sur leur présentation car des quantités énormes sont partout a la disposition des ache- teurs; en Europe, au contraire, les cartes de vceux ont généralement un caractère plus per sonnel. El les sont en vente partout (leur aspect est généralement peu satisfaisant malheureuse- ment), mais si l'on y attache une certaine im portance et si l'on dispose de moyens suffi- sants, on confie généralement a un artiste le soin de les iIlustrer afin d'adresser a ses cor respondents un souvenir plus personnel, ce qui limite évidemment l'extension de cette belle et ancienne coutume. Les gens d'affaires, pour des considérations purement publicitaires, ne lais- sent pas échapper cette excellente occasion de se rappeller d'une manière décente au souve nir de leur clientèle. C'est dans un but analogue que les artistes décorent eux-mêmes les nom- breuses cartes qu'ils envoient a leurs amis et protecteurs. lis mettent a profit cette rare occa sion de s'exprimer sans contrainte, de donner libre cours a leur humour et a leur imagination. Ces petites ceuvres, bien qu'en marge de leur activité, appartiennent souvent aux réalisations les plus charmantes de l'art graphique appli- qué. El les font toujours plaisir a ceux qui les re^oivent et il serait bon que les amis des arts confient plus souvent a des dessinateurs le soin d'illustrer les cartes qu'ils envoient a titre per sonnel. Carl Heussner Insignes pour le Bertelsmann-Lesering Résultats d'un concours (pages 28—31) L'insigne qui fait depuis longtemps la gloire de l'art publicitaire allemand a toujours mis a rude épreuve les ressources de l'art graphi que. II faut en effet caractériser objectivement, de la manière la plus concise et la plus frap pante, une entreprise et sa production. II s'agit en somme d'inventer un hiéroglyphe, une ab straction. La rigueur de cette tache exclut la fantaisie aussi bien que les a-cótès amusants. Les concours de ce genre sont toujours fort in- structifs et il ne faut pas se laisser décontenan- cer quand ils sont accueillis avec ardeur. Même s'il y a, comme dans le cas qui nous intéresse, 4501 envois. Le Bertelsmann-Lesering, la plus grande association de libraires d'Europe, cher- chait un nouvel insigne. L'artiste était libre d'utiliser pour son projet soit un symbole, soit les initiales BL en y ajoutant ou non les mots «Bertelsmann-Lesering». II fallait que le dessin puisse être utilisé aussi bien pour les livres que pour l'ensemble de la publicité; il devait avoir une action positive aussi bien que négative et l'on souhaitait qu'il püt s'adapter également aux réclames lumineuses. Ces conditions, bien souvent, n'ont pas été observées. C'est seulement après quatre votes éliminafoires (4.203/245/39/10) que les quatre lauréats ont été désignés. Les maquettes étaient d'un niveau extrémement satisfaisant du point de vue gra phique. La principale difficulté pour les concur rents consistait évidemment a trouver un motif qui convienne spécialement au livre et a la littérature. Ce fut la pierre d'achoppement de beaucoup de projets de qualité, voire excellents, qu'il a fallu éliminer: les dessins de marques industrielies dominaient de loin dans les envois. Une partie des projets ont du être éliminés paree qu'ils étaient trop spirituels pour le but pour suivi, d'autres insignes, qui par ailleurs faisaient une forte impression, ne traitaient pas le thème imposé. II y avait une multitude de globes ter- restres, d'yeux, de lunettes et de doubles^ profils a la Picasso. Les prix sont allés tout naturelle- ment a un symbole (anneau), a une abstraction (le prisme du livre), a un livre avec initiales (un entre cent) et enfin a un monogramme. Le pre mier prix a cette belle simplicité dont on oublie si facilement combien el le est malaisée a at- teindre. Le second prix est original, harmonieux et impressionnant. Les lauréats sont en général des artistes nouveaux, la vieille garde et les maitres connus ne se sont pas montrés cette fois-ci. Gerhard Ulrich La Xème Triënnale de Milan. Lieu de rencontre des formes harmonieuses (pages 3247) La Triënnale a lieu tous les trois ans, comme son nom l'indique, depuis 1923. Les pays parti cipants y exposent des oeuvres architecturales et artisanales ainsi que des produits industriels

Gebrauchsgraphik de | 1954 | | page 72