on démontre de fa?on convaincante l'efficacité du produit, tant de fa^on objective et informa tive pour Ie médecin qu'avec clarté et humour pour Ie public. L'organe malade de ce «bonhom- me-coryza», d'un dessin supradimensionnel, car il est I'objet même de l'enquête, se présente d'abord en couleur rouge feu. Ce n'est qu'après usage de la «tyzine» que Ie nez retrouve sa cou leur normale. Ce contraste rouge-blanc revient constamment dans la publicité pour Ie produit: c'est Ia caractéristique essentielle du succès ob- tenu après usage. On montre aussi Ie traitement méthodique par vaporisation des fosses nasales. Ce traitement est illustré par Ie slogan: «en cas de rhume, libération des voies nasales en quel- ques minutes et pour des heures» - et ceci en liaison avec un cadran qui marque d'abord midi moins une, mais dont les aiguilles progres sed rapidement de quelques minutes tout en se colorant en rouge: Ie nez a perdu sa couleur rouge qui est venue se fixer sur Ie cadran. Ainsi se trouve fort bien démontré I'efFet ultra-ra- pide du médicament. Cet élément temporel a pour l'argumentation presque autant d'impor- tance que l'élément du contraste rouge-blanc, car pour Ie malade ce soulagement immédiat représente souvent un soulagement décisif. Le «bonhomme-coryza», soit comme dessin dans les prospectus, soit comme figurine d'étalage en couleurs, avec sa bouche mélancolique et tom- bante dans la première phase, ses pieds beau- coup trop grands et toute sorte d'autres anoma lies corporelles, est et reste un personnage trés comique: ce qui ne peut qu'augmenter son effi- cience et sa popularité. Aujourd'hui les deux types font une carrière parallèle dans la pu blicité, leur emploi dépendant des données tech niques de l'impression. Cette publicité pour le produit «Tyzine» est conduite systématiquement, d'une part comme publicité «ad hominem» sous la forme de cartes-réclame adressées aux méde- eins et d'annonces dans les revues médicales spécialisées, d'autre part comme publicité dis- persée sous la forme de présentoirs et d'embal- lages de vente s'adressant la clientèle des boutiques de pharmacie. Ingeborg Meinecke Rudi Angenendt (pages 20-27) Celui qui veut obtenir vraiment de bons résul- tats en photographie doit s'y vouer totalement, car la formation du vrai photographe ne permet aucun écart. Pour Rudi Angenendt, qui voulait l'origine devenir peintre, cela signifie qu'il dut transposer son optique graphique dans un langage totalement différent, celui de la photo graphie. S'il s'en rendit compte, c'est en grande partie ses travaux pour l'industrie chimique qu'il le doit. Au moment décisif de son évolu- tion, il rencontra en effet dans la personne du Dr. Kurt Laux, directeur publicitaire des Usines chimiques Huls, le partenaire qui comprit cette situation particulière et put lui procurer les com- mandes nécessaires son travail. Trés tót, Rudi Angenendt se rendit compte que la diversité des activités était une condition sine qua non d'un développement fructueux. Joute spécialisation eut été pour lui synonyme de stagnation. Face a des problèmes chaque jours différents, il lui fallait sans cesse être en quête de nouvelles possibilités pour réaliser ce style «photo-gra- phique» qu'il entrevoyait être le sien. Le «photo- graphisme» a certes son origine dans le gra- phisme utilitaire, mais dans la forme oü le pra tique un Angenendt il constitue une technique autonome et indépendante. II se caractérise d'abord par une conception et un langage for- mel trés élargis et par la renonciation totale toute sensibilité subjective. Angenendt veut lais ser parler la «chose en soi» grace cette acuité objective et cette rigueur qui laissent au spec- tateur toute sa liberté d'esprit. Briévement ré- sumée, son intention peut s'exprimer par la for mule: tourner le dos la reproduction pure pour se rapprocher du symbole. C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre ses travaux en couleurs, qui fondés leur tour sur son expé- rience de la peinture, savent en même temps nous faire sortir du fatal parallélisme entre photo et peinture. Helmut Jaspersen Un sigle de firme transformable (pages 28-29) «Filene» est un grand magasin trés connu de Boston qui est subdivisé en une multiplicité de sections spéciales de ventes pour les merchan dises les plus diverses. II s'agissait de créer pour cette importante maison un symbole: ce que l'on confia au célèbre designer Erik Nitsche. Sa tóche était difficile et avait ceci de particulier qu'il ne s'agissait pas seulement de trouver un emblème de firme original et immuable, comme c'est la régie en général pour les grandes entre- prises. Car la fragmentation trés poussée des grands magasins Filene en de nombreux dépar- tements autonomes exigeait plutöt pour chacune des sections un symbole spécial, aisément dis- cernable et compréhensible, mais qui en même temps marque bien l'appartenance aux grands magasins Filene, en bref - une marque de firme mobile et transformable. Erik Nitsche résolut cette tache, après de mures réfJexions, en réali- sant d'abord comme point de départ un sigle de firme tout a fait suggestif, qui en s'appuyant sur le nom du magasin représente un «f» aux formes trés pures dans un cercle de 28 autres f stylisés de la même fa^on. Sur la base de cette forme élémentaire ainsi acquise, il se mit a con- cevoir des variantes répondant aux divers dépar- tements des magasins, et ceci en ajoutant des éléments graphiques supplémentaires qui soient typiques et caractéristiques des spécialités ven dues par le département en question. C'est ainsi que vit le jour une série d'environ 60 sigles ex- trêmement vivants et suggestifs, qui ne renient jamais leur forme de base, mais qui dans leurs métamorphoses constituent pour Ie public des guides parfaits a travers les diverses sections spécialisées et qui en plus, par leur aspect sou vent légèrement humoristique, ne sont pas sans avoir un charme vraiment agréable. Eberhard Hölscher Milan Vulpe (pages 30-35) Milan Vulpe, dont nous présentons pour la pre mière fois dans cette revue une sélection de tra vaux, naquit en 1918 Doubrovnik (Yougosla- vie). En sortant du lycée, il s'inscrivit l'Aca- démie des Beaux-Arts de Zagreb et re^ut auprès du professeur Vladimir Becié une formation de peintre trés poussée. Après la guerre il travailla d'abord quelques années dans les ateliers publi- citaires d'une société de films, oü il gagna ses premiers galons de graphiste. II devint ensuite le collaborateur indépendant de diverses mai- sons. Depuis quelque temps il est établi son compte et travaille surtout pour des industries pharmaco-chimiques comme «Chromos», dont il produit toute la publicité, et pour «Plivia» Zagreb. II acquit une grande popularité en You- goslavie avec un personnage mobile créé par lui pour Chromos, qui fut aussi exécuté sous la forme d'une réclame lumineuse mobile. Son acti- vité de graphiste publicitaire s'étend aussi au domaine des emballages, des prospectus, des affiches et des annonces, et spécialement tous les mediums publicitaïres intéressant les foires et les expositions. C'est précisément dans ces deux derniers domaines qu'au cours des derniè- res années Milan Vulpe a déployé la plus grande activité, comme réalisateur d'exposition. Pour les pavilions yougoslaves des foires de Bruxel- les, Toronto, Francfort, Graz, Leipzig et ailleurs, il a con^u des peintures murales et d'autres tra vaux de ce genre. Ces réalisations furent trés remarquées et le pavilion qu'il dessina pour la maison Chromos I'occasion de la Foire de Prin- temps de Zagreb en 1957 re^ut le premier prix du meilleur pavilion. Milan Vulpe a d'ailleurs lui-même participé des expositions d'art appli- qué et remporta le premier prix la lère Triën nale de Zagreb en 1956. II est coup sür un re présentant de cette jeune génération d'artistes yougoslaves qui poursuit des tendances progres- sistes et s'efforce d'assurer au graphisme publi citaire yougoslave prestige et valeur sur le plan de la concurrence européenne. Ses échantillons de travail que nous présentons ici nous prouvent qu'il ne dispose pas seulement d'un métier et d'une technique trés sürs, mais aussi d'un certain humour et d'idées excellentes qu'il sait offrir au public dans un style graphique trés personnel. Ludwig Ebenhöh

Gebrauchsgraphik de | 1958 | | page 62