d'invention; le talent de l'artiste se maifeste dans les domaines les plus divers. Au dessinateur qu'il est, nous devons une quantité de travaux publicitaires, de décorations et d'illustrations de livres; i! a également créé des tapisseries et des modèles d'étoffes. II a fait ceuvre de peintre en portraiturant de belles femmes et, en même temps, a con^u pour de grandes «revues» ou pour des théatres - le Ballet Royal Danois de Copenhague, par exemple - des projets de dé cors ou de mises en scène qui sont pleins de charme coloré et de fantaisie spirituelle. - Au sein d'une activité aussi vaste, cependant, c'est la céramique qui tient la plus large place: et c'est dans ce domaine qu'il expérimente dans son atelier, lorsqu'il n'est pas en voyage, avec une prédilection particulière. II n'est done pas éton- nant que la Société des Porcelaines de Rosenthal (Rosenthal-Porzellan AG) se soit intéressée a Wiin- blad qui a réalisé pour elle, ces temps derniers, de nombreux modèles en verre ou en porcelaine, dont nous choisissons ici quelques exemples. Lorsqu'on contemple ces travaux, pleins de cou leur, de variété et de charme, et qu'on se laisse séduire par l'élégance pleine d'al.légresse et de légéreté de leurs formes, on pourrait croire que l'artiste a le don de changer tout ce qu'il touche en création inspirée par les dieux. II serait pour- tant faux de se laisser leurrer par cette facilité apparente. Björn Wiinblad ne doit pas ses suc- cès a un hasard heureux; ceux-ci sont le résultat mérité du travail sérieux d'un jeune artiste, plein de fantaisie et débordant d'idées. Erik Stockmarr Prospectus de maisons d'édition allemande (pages 18-25) Lorsque nous contemplons ces prospectus, nous sommes d'emblée frappés par le titre de celui qui est reproduit en premier lieu - et qui s'ap- pelle tout simplement «L'art de faire des pro spectus» - sous le titre, l'emblème de la maison en miniature, encadré d'une bordure fleurie. L'art de faire des prospectus» - précise la page suivante «qui reflètent un peu l'esprit de Hei- meran a toujours été un souci de notre maison; et nous cultivons eet art avec une ferveur et un soin particuliers. Les commentaires amicaux qui nous parviennent nous sont un encouragement; nous profitons de l'occasion pour dire notre gra titude sincère a ceux qui nous approuvent.» Si nous reproduisons ce texte au début de notre article, ce n'est pas pour faire de la publicité a la maison Heimeran, mais paree que nul autre prospectus n'use d'un ton aussi aimablea l'égard de l'amateur de livres. «L'art de faire des pro spectus» ne se réduit pas la mise en ceuvre artistique. Bien des documents de ce genre man- quent de ce contact personnel et sympathique avec le cliënt. Le prospectus d'une maison d'édi tion devrait être une sorte de carte de visite, résumant si bien l'atmosphère spirituelle de la firme que chacun éprouve le désir de s'y rendre et d'y consacrer quelques instants. Cette carte de visite est la première chose que l'amateur voie et lise. Pour quelle raison les éditeurs ne lui apporteraient-ils pas le même soin qu'a des jacquettes de livres qui sont parfois remarquab- les? II est assez paradoxal que le prospectus, dont le röle est de faire de la réclame autour de toutes les nouvelles parutions, soit souvent con- sidéré comme accessoire. Car son röle n'est pas uniquement celui d'un catalogue concret et clair; sa couverture déja doit indiquer dans quel sens travaille l'éditeur. L'extrême diversité des pro spectus d'éditions entraïne naturellement de mul tiples présentations. L'emploi d'une vieille gra vure ou d'une reproduction historique peut être plein de charme, mais exige la coopération d'un typographe ou d'un graphiste sur de son art, qui se servira du modèle offert et le combinera avec l'emblème de la maison, les caractères et la couleur pour obtenir une composition conve- nable. Les mêmes régies valent pour une prèsen- tation purement typographique, qu'il s'agisse de caractères ou d'écriture, ainsi que pour tous les projets dessinés. C'est toujours a un artiste ou a un typographe familiarisé avec l'esprit de la maison que devrait être confiée la couverture du prospectus. II serait faux de vouloir faire des économies en la matière: c'est vrai pour la pré- sentation d'ensemble, pour la qualité du papier, les procédés techniques, aussi bien que pour les honoraires du graphiste. Depuis longtemps, on soutient ces points de vue; après avoir surmonté les difficultés d'après-guerre, des maisons an ciennes et expérimentées ont créé des prospec tus réussis et souvent originaux, qui sont dans le vrai sens du mot «une enseigne pariante». Hans Kuh Vieilles gravures sur bois roumaines (pages 26-31) Les gravures sur bois anciennes que nous pré sentons ici proviennent vraisemblablement de Hesdat, une petite commune du comitat de Szol- nok-Doboka au sud des Carpathes de Transyl- vanie: ce village en effet fut jusqu'a notre épo que un centre actif du colportage de feuilles de saints et des objets de piété de toute espèce. Ces gravures populaires, qui connurent une trés grande vogue et furent accrochées dans toutes les fermes, ne sont pas aussi vieilles qu'on pour rait le croire; elles ne remontent pour une part qu'a la première moitié du siècle dernier. Ce que leur forme a de primitif permet cependant de supposer qu'elles se reportent a des modèles beaucoup plus anciens, que de simples graveurs sur bois se sont bornés a reprendre sans cesse. Une autre preuve de cette hypothèse semble être dans la légende, souvent écrite en carac tères hébreux, grecs ou latins, et témoignant d'une culture relativement élevée. Bien que nous ne connaissions pas exactement la date d'origine de ces gravures, qui ont été coloriées a la main en teintes vives - vermilion, carmin, vert et jaune - pour attirer le chaland, elles ont con- servé tout le charme de leur originalité naïve. Ces ceuvres choisissent naturellement comme thèmes des épisodes bien connus de la vie de la Vierge, de l'histoire des Apötres ou de l'hagio- graphie; nous discernons aisement l'influence formelle de l'art religieux des moines grecs- catholiques du mont Athos. Cependant, ces gra vures ont aussi des sujets profanes: ainsi le Coq et la Poule que nous reproduisons, et dont le traitement graphique montre un sens artistique de la forme qui dépasse la simple technique. Eberhard Hölscher Comment donner un style a une entreprise? (pages 32-37) Le dictaphone mis au point sous Ie nom de DG 4 par la société Apparatebau Stellingen SARL est un parfait exemple des résultats auxquels atteint une collaboration harmonieuse entre une entre prise et un graphiste - celle-ci n'aboutissant a rien de moins qu'a donner a la firme un nouvéau style ou un nouveau visage. Dans le cas particu lier qui nous intéresse, les recherches techniques ayant amené la création du nouvel appareil ont été accompagnées d'une étude détaillée du mar- ché. Celle-ci montra la nécessité de donner au dictaphone une forme extérieure qui en favori- sait la vente et qu'il s'agissait done de dé- couvrir. Les spécialistes de la publicité tenaient également a marquer le nouvel appareil d'un cachet particulier. Le lancement allait ainsi exi- ger un travail minutieux de mise au point, tant en ce qui concernait la forme qu'au point de vue de la publicité graphique: on décida par consé quent, pour obtenir que l'artiste se familiarise aussi étroitement que possible avec l'appareil, de confier le dessin du modèle et sa publicité a un seul graphiste, ce qui devait mener a une unité absolue des ces deux éléments. Le chef de publicité de la firme de Stellingen, Jochen F. Conrads, eut le flair et la chance de découvrir en G. W. Hörnig le collaborateur doué et expé- rimenté qu'il recherchait: celui-ci remplit pleine- ment les espoirs qu'on avait mis en lui et se passionna d'emblée pour sa double tache. La collaboration entre le chef de publicité et l'ar tiste, étroite et harmonieuse, a tenu compte de tous les impératifs esthétiques et publicitaires: ainsi, dès la mise sur le marché de ce dicta phone qui avait entre temps été baptisé DG 4, la firme possédait-elle son style bien défini, et l'Apparatebau pouvait, pour sa première appa rition en public, présenter un visage original. Les acheteurs montrèrent trés rapidement leur confiance dans le nouvel appareil: le chifFre des ventes en porte éloquemment témoignage. Mais ce remarquable succès n'aurait pas été possible si l'entreprise n'avait, voyant loin et juste, en- gagé a temps un graphiste plein de talent, et ne lui avait donné la possibilité de travailler des le début avec les techniciens et les spécialistes de la publicité: l'artiste put ainsi réduire, dans l'esprit comme dans la forme, le double travail qui était sien a un dénominateur commun. Eberhard Hölscher

Gebrauchsgraphik de | 1958 | | page 62