1 de Chine, sur papier a grain fin et légére- ment rapé. Ces ouvrages sont sans doute aucun Ie fruit de longues méditations et de nombreuses études, car seul un artiste par venu a la pleine mattrise de son talent et do minant parfaitement son sujet peut arriver a un raccourci aussi convaincant dans Ie trait. Et il reste un espace suffisant pour que Ie pinceau puisse se laisser aller a jouer, voire a déployer une fantaisie débordante, lors- qu'il a besoin d'évoquer une ornamentation picturale ou de souligner une ambiance. Nous découvrons, grace a quelques lignes largement tracées, Méphisto qui vient d'être évoqué par Faust et apparaït derrière la che- minée; Ie visage plein de curiosité, Ie vête- ment rayé de l'escholier voyageur, une main prudemment tendue et un pied qui s'avance, Ie pied fourchu. L'attrait réciproque qui réu- nit Faust et Marguerite est exprimé par une fusion totale des deux tormes, les pleins et les déliés suffisant a identifier les deux per- sonnages. Quanta la NuitdeWalpurgis, el Ie est emplie de feux toilets, de bruits et de bonds mystérieux. Le visage de Faust semble avoir été emprunté a un être réel - qui n est pas encore accompli mais bien plus qu'indi- qué. Et l'archange du début ouvre largement ses ailes, comme s'il voulait accompagner les mots du Prologue au ciel. La lame de l'épée qui tombe des mains de Valentin, blessé a mort, remplit a el le seule presque la moitié du feuiI let, pour donner a un cro- quis devenu formulation l'équilibre néces saire. A quel point Neufeld n'est-il pas pré- occupé de composition! 24

Gebrauchsgraphik de | 1960 | | page 32