I est bien des points communs entre le monde du théatre et celui de la publicité: des mots déclamés avec emphase donnent souvent des phrases vides, des gestes nobles ne servent qu'è dissimuler l'incerti- tude, et les étoiles, au firmament de la scène ou a celui de la réclame, s'éteignent aussi soudainement qu'elles se sont mises bril- ler. Nombres de graphistes ont de bonnes idéés, peuvent les réaliser visuellement et deviennent célèbresd'un jour a l'autre - pour être ensuite atteints de stérilité. Le ciel de leur art est semé d'astres éphémères. II en est tout autrement chez le couple que for- ment Frieder et Renate Grinder, agés re- spectivement de 28 et 29 ans, et qui ne sont pas des célébrités d'un jour. Leurs affiches de théatre ne cessent, depuis des années, d'exciter une surprise et un intérêt justifiés. L'emploi de photos souvent dépaysées exerce sur le spectateur une séduction pro- fonde. L'homme, et plus souvent encore son visage, apparait sous les aspects les plus incroyables: une tête découpée en tranches (p. 14, fig. 4), une physionomie défigurée droite et a gauche (p. 11, fig. 7) ou considérée a I'envers (p. 10, fig. 5), devant lesquelles on 16

Gebrauchsgraphik de | 1969 | | page 22