M5Ü7 en général que de répétitions ou de bribes de mots, de lettres s'intégrant les unes auxautres, de groupes de caractères ou même parfois d'une seule ma juscule, écrasant les autres lettres ou semblant les faires disparaitre: l'artiste a done sur Ie plan esthétique un champ beaucoup plus libre. Depuis, l'époque du cubisme, nous sommes habitués a voir les caractères jouer ainsi Ie róle d'objets picturaux; ils sont devenus pour nous les signaux d'une nou velle et dramatlque existence de l'image, qui abolit rillusion de la profondeur et impose l'idée d'une équivalence des éléments plastiques. Dans ses im pressions, Rödel utilise ce langage des caractères comme un facteur tout a fait normal, dépourvu de toute rigidité méthodique: il en fait son thème unique, qu'il exploite avec persévérance. D'ailleurs, il faut Ie dire, notre époque éprise de publicité lui fournit, avec une prescience inattendue, les indica- tifs de son oeuvre, dans toutes les langues, sous toutes les formes, en manière de slogans qui introduisent dans Ie monde optique et non dans celui de la lecture a mi-voix. Le glissement de ces signes, leur refoulement ou leur exhibition tend brouiller la force et la logique de la publicité, Est-ce la une forme de réclame pour l'art? L'artiste part d'une attirance tout a fait licite pour le jeu des vir- tualités - car Karl Rödel a toujours eu, a un point assez rare, le sens ludique il en part pour in- venter des compositions et des juxtapositions de caractères, de manières de mandragores gra- phiques; et il crée aussi une espêce de collages peints palissades de bloes typographiques dont les étranges modèles trahissent l'originalité d'une expression consciente. Plans imagés, images plani- fiées sur des restes bien utilisés. Des restes qui donnent naissance a du neuf. L'imprimeurse délasse chez le peintre; et notre technicien du rouleau re- trouve sans effort le plaisir intellectuel qu'eut jadis le Rödel ludens KARL RÖDEL iUHflf 32

Gebrauchsgraphik de | 1971 | | page 38