m sympathique, les héros en pantoufles et les politiciens. Or les sujets préférés de Jean Effel ne sont ni les dictateurs, ni les pan- touflards obèses, ni les vieilles filles acariatres, mais les fleurs et les bêtes, les enfants et les anges, et notre père le Bon Dieu. II nous raconte la création du monde, il nous montre Adam et Eve au Paradis, il met en scène les étoiles, les hippocampes et les naïades du fond des mers, il illustre la mythologie antique, les contes populaires et les fables d'animaux. Toutes ces histoires ne sont-elles pas un peu trop enfantines? Ont-elles vraiment assez de piquant pour éviter l'ennui? «Tiens! un homme invi sible s'écrie Eve en voyant une feuille de vigne qu'emporte le vent. Loin d'être enfantin, eet humour fait appel a la plus grande vivacité d'esprit. De même quand le géant Atlas, por- tant le globe sur ses épaules, se plaint de son sort a Mercure et lui dit: «Non, ce n'est pas tellement lourd, l'embêtant c'est surtout d'avoir constamment la glacé du pöle sud sur la nuque On se demandera et a bon droit comment cette gentil- lesse et cette manière de naïveté peuvent s'accorder a la férocité d'un brillant caricaturiste politique. Car Effel fut en effet, pen dant de nombreuses années, a cóté de J. Sennep, le meilleur et le 8? 447

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