5) Philippe de Champaigne (1602-1682) réalisés sous les auspices de quelques maisons de mode et fabricants francais, et repro- duisant des sujets empruntés a des toiles célèbres de la peinture frangaise. On eut ainsi l'occasion de découvrir que les matières textiles, si elles sont maniées par un brillant dé corateur d'étalage, permettent comme en font preuve les illustrations de eet article, une interprétation intéressante et séduisante de tableaux que chacun connait par les musées ou par des reproductions. La peinture frangaise est riche en belles étoffes élégamment drapées. Ainsi que l'a montré le Centro del Arte e del Costume au Pala^o Grassi a Venise (voir graphis No 37), elle peut être même présentée comme un catalogue illustrant la mode des cinq derniers siècles de notre ère. Ses traditions de réalisme et d'humanisme lui ont fait accorder au costume et aux étoffes une place importante, tant dans la composition que pour rehausser l'éclat du tableau. On comprend que les maitres de la mode aient été tentés aujourd'hui de reconstituer les merveilles des temps passés et, pour ainsi dire, de replacer dans sa Cardinal Richelieu réalité le modèle devant l'ceuvre du peintre. Les mannequins savamment disposés par Slavik nous révèlent combien la peinture frangaise a su évoquer le velouté et le chatoie ment des étoffes et, plus encore, illustrer ainsi toute une manière de voir les hommes et la société. Si «l'habit ne fait pas le moine», on dirait pourtant volontiers, face au por trait du Cardinal de Richelieu peint par Philippe de Champaigne, que c'est «l'habit qui fait le Cardinal». Bien que la plupart des visiteurs de l'exposition de Lille se soient fort amusés de la ressemblance des compositions de Slavik avec ses modèles picturaux, le décorateur af- firme qu'il s'est efforcé d'éviter une reproduction servile qui eüt évoqué les figures de cire d'un Musée Grêvin. Au contraire, il a donné des originaux, une inter prétation neuve. 465

Graphis de | 1951 | | page 93