!3m: 01. Demel Fils? Même si l'on ne sait rien de la renommée déja légen- sb 3 kj daire de cette confiserie viennoise, on ne manquera pas de tomber sysI eijrrêt devant ses somptueuses vitrines, en traversant le Kohlmarkt tout <ftfi pi de l'ancien Chateau Impérial. Si le visiteur curieux pousse plus loin etjinètre dans le magasin sis au n° 14, puis, par l'odeur alléché, dans les rir satis de thé adjacents, il se rendra vite compte qu'ici la Tradition s'écrit ifinaq une majuscule en se voyant reporté au temps de l'Empereur Frangois- s j lajqph et de l'Impératrice Elisabeth. viOJa jon étonnement se changera en ravissement s'il sait goüter le décor rbmrcjico inchangé depuis 1888, avec ses couleurs pales, or, ciel et rose, atttólarbre noir veiné de vert des petites tables, les chaises Empire, les fflBu •es de fonte aux dix-huit globes opales oü scintillent des étoiles. Le Tcrto dominé par l'imposant comptoir Louis XVI revêtu d'argent oü s'en- 'I itamt a profusion les tartes et les gateaux, la patisserie, les sandwiches, ticewscuits salés et les bonbons au chocolat et pralinés divers. Tous ces )MM:es et les boissons fumant dans la vaisselle choisie exhalent un parfum 1 naajmparable, suave et aromatique a la fois. Et dans ce cadre unique se tnjvent des serveuses qui ne le cèdent guère en distinction a une clientèle paissant sortie d'un roman fin de siècle. 'e qui, cependant, distingue foncièrement l'établissement Demel de jiawttnjits autres vestiges célèbres de la Belle Epoque, le Café Florian de b;> iV|se, le Café Greco de Rome, et j'en passe, c'est que, loin de maintenir ujjyle quelque peu désuet franchement anachronique, cette citadelle de "iaadition royale et impériale d'Autriche-Hongrie a connu en 1936 un ta nissement hautement profitable du point de vue stylistique. D'oü Fin-de-siècle-Roman entstiegen zu sein scheint und von Bedienerinnen betreut wird, die ihm an Distinktion in nichts nachstehen. Würde nun aber bei Demel einfach am Stil der achtziger Jahre fest- gehalten, so ware das Etablissement nicht mehr als ein liebenswürdiges, kulturhistorisches Relikt, vergleichbar etwa dem Café Florian in Venedig oder dem Café Greco in Rom. Was die Zuckerbackerei am Kohlmarkt diesen letzteren aber voraushat, ist die Tatsache, dass die Hochburg der k. u. k. Tradition der dreissiger Jahre eine stilistische Blutauffrischung erfuhr, bei welcher Vergangenheit und Gegenwart auf vollkommene Weise verschmolzen wurden. Damals nahm sich der junge Baron Federigo Berszeviczy-Pallavicini der graphischen Neugestaltung des Betriebes an und entwarf jene Serie von Fait- und Einwickelpapieren, die in diesem Beitrag gezeigt werden. Sie knüpfen unverkennbar an die Wiener Tradition des Biedermeier und des mittleren 19. Jahrhunderts an, sind dabei aber Zeugnisse eines ganz persönlichen Geschmacks. Nach langen Lehr- und Wanderjahren in Italien, Frankreich und in den Vereinigten Staaten nahm sich Pallavicini vor einiger Zeit erneut des Demel-Image an. Es ist vor allem die Schaufenstergestaltung, die ihn seither passioniert und zu Erfindungen inspiriert, die besonders in den Wochen vor Weihnachten und Ostern das Entzücken der Wiener aus- machen. Da kommt alles zu allemsurrealistische Effekte vermischen sich mit Elementen der österreichischen Folklore und mit Erinnerungen an die höfische Prachtentfaltung des Manierismus und Barock; Formen- und Farbenüberschwang steht neben raffinierter Einfachheit, betont Altmodi- sches neben betont Modernem. Und doch lasst sich diese auf den ersten Bliek verwirrende Vielfalt auf den gemeinsamen Nenner jenes Demel-Geistes bringen, der sich in der Komposition einer Crème oder eines Schokoladebonbons, im Dekor einer Torte oder einer Zuckerpagode ebenso unverkennbar manifestiert wie in den mit Bandern und Schleifen verzierten Packungen, den mit bunten Steinen und Goldflittern übersaten Schaufensterinszenierungen Federigo Pallavicinis. cette fusion d'éléments surannés et de modernisme qui fait son charme. C'est en effet a cette époque que le jeune baron Federigo Bersze viczy-Pallavicini entreprit de rénover la présentation des articles de la maison et qu'il con£ut en particulier la série de papiers d'emballage et de cartonnages dont nous présentons ici quelques éléments. S'inspirant nettement de la tradition viennoise du Biedermeier, et du milieu du XIXe siècle, ce style graphique témoigne en même temps d'un goüt raffiné émi- nemment personnel. Le grand voyageur qu'est Pallavicini s'est entre- temps instruit des derniers secrets de son art en Italië, en France et aux Etats-Unis. Rentré a Vienne, il s'occupe chez Demel tout spécialement des étalages, et ses créations sont autant de trouvailles qui enchantent le public viennois, particulièrement a Paques et a Noël. Comment caractériser ces étalages Le surréalisme s'y marie au folklore autrichien et aux souvenirs des fastes impériaux a l'époque du maniérisme et du baroque, l'exubérance des formes et des couleurs y voisine avec une simplicité qui confine au raffinement, et loin de triompher, le style traditionnel s'y voit sans cesse confronté aux conquêtes de l'art moderne. Eclectisme, et de mauvais aloi de surcroit? Que non - car tous ces éléments se fondent au sein d'un style unique en son genre, le style Demel qui se manifeste également dans la composition d'une crème ou d'un bonbon au chocolat, dans la décoration d'un gateau ou d'une pagode en sucre et éclate dans toute sa beauté dans les emballages garnis de ru- bans et de rosettes ainsi que dans les mises en scène prestigieuses de Federigo Pallavicini a l'intérieur de vitrines parsemées de cailloux multi- colores et de paillettes d'or. 59

Graphis de | 1967 | | page 61