grossen Leere kennengelernt, aber wir sind dennoch wiedergekommen. Lebend und zur Wiederholung bereit. Es moge die Freude den Menschen erfüllen; es bleibe die Angst zwar, aber das Vertrauen sei die Waffe, um die er seine Finger klammert. »Champagner« ChampagneDas ist das Sprudelnde. Der Wein ist nichts, eine entartete Flüssigkeit, wenn er nicht das Herz zum Gefass hat. Hier vollendet sich der erste Bilderzyklus. Im Bildteppich »Poesie« Poésie) ist der Dichter herausgehoben, um- geben von Strahlen. Er selbst ist Feuer, Erzeuger, Bogenschütze, der auf das Herz der Dinge, auf die Mitte des Kreises zielt. Man hat mich darauf hingewiesen, dass Rainer Maria Rilke im Zeichen des Schützen geboren wurde. Das deckt sich genau, denn noch bevor ich Rilkunt den Hügeln von Sceaux, im Garten des Hotels Byron, kennenlerntejerï band ich in meinem Geist den Dichter mit dem Bogenschützen, mit lm der die richtige Mitte trifft. Zweifellos sind die Sternbilder für viele l'Ltg ein Dickicht voller Leichtfertigkeiten, eitler Trügereien, lahmer $m- bolik. Wer aber zu sehen versteht, wer glaubt und zu -wissen begirt der findet in diesen seltsamen Gestalten Wasser, Erde, Dampf und Gepirt wieder. Diese vier Grundbegriffe, seien sie nun erhaben oder vertiut. umschliessen das Vertrauen, die Hoffnungen, die Keime und die Htd- lungen des Menschen, der sein Lied anstimmt im Angesicht der Sqie, die Augen offen auf das Licht gerichtet. Jean Peat [Suite de ia page 7] Vous avez sous les yeux une ceuvre qui est le fruit du travail d'un peintre secondé par une équipe d'exécutants, les ouvriers tapissiers de la Creuse. Cette ceuvre a débuté il y a sept années, en 1957, environ. Je dois prévoir quelques années encore avant de faire tisser en bas de la dernière tenture, en bas du dernier chant, le mot FIN. Une ceuvre semblable, amorcée tard et done talonnée par la vieillesse, e'est en quelque sorte la table des matières d'une existence. Est-il besoin de dire que certaines cicatrices, certaines expériences personnelles (les unes éprouvantes, échevelées, d'autres tragiques), certains conseils d'amis chers m'ont incité a entreprendre ce long travail. Tout s'y mêle, s'y entrecroise... tout y est tissé... tressé... dans cette longue aventure. Ne vous étonnez done pas d'y trouver du fiel et du miel. Ce n'est pas un lamento, moins encore une romance. Mais ter- minée, cette ceuvre dont l'avenir dira si elle fut valable ou inutile n'aura pas posé sur la vie un regard oblique ou funèbre. Bien au contraire! Le premier titre de ce Chant du Monde c'était «La joie de vivre». Je n'ai pas tardé a me convaincre que la vie, pour qui tente de vivre droit, e'est chose... sucrée et salée... douce et amère... convulsive et sereine. Les hommes de notre génération ont vécu deux guerres. Et e'est dire que beaucoup de nos souvenirs sont un tissu d'hallucinations. Et voila que pour nous autres les anciens, et pour ceux qui nous suc- cèdent ou vont nous succéder, se balance suspendue sur nos têtes une sordide menace: l'Epouvante atomique. Et ceci même explique et justifie le titre de ma première tenture: Pa Grande Menace: explique et justifie eet aigle au regard camus qui plane sur le monde, et ce buffle qui essaime du poison sur tout les êtres créés ou a la veille d'être engendrés, notre monde vit en effet sur un volcan. II est la, il crache ses soufres, des vapeurs déja! La terre c'est rond, c'est broussailleux, c'est du liquide et c'est du solide, et c'est surtout des êtres humains de toutes mesures, de tous calibres, de toutes les couleurs. Et tout, germes, êtres, végétaux, miné- raux, vents qui sont comme l'haleine de la terre, tout cela est solidaire. Que la bombe soit lachée par l'Aigle ou par le Fauve et toute la création ne sera plus qu'un magma empoisonné... Tout - et New York - et Pékin - et Le Caire - et Paris - et Moscou ou Marrakech - et Clamart - et le Lido - ce ne sera plus, on nous en avise d'ailleurs, qu'une innom- brable bouillie de pierrailles, de hurlements et d'hommes éperdus comme il en fut de Nagasaki et d'Hiroshima. A droite de cette première tenture flotte sur une onde rare le bateau de la Création. L'homme est a la barre, il gouverne, l'homme, puisque désormais le voila devenu le maitre de la création. Oui, le maitre de la création puisqu'il est en pouvoir de la détruire... de l'infecter. C'est done, je le répète, l'homme qui tient désormais le gouvernail, mais au-dessus de lui il y a l'aurochs, la menace, le monstre qui... la brute... éjacule sur la création. C'est pourquoi toutes les bêtes, toutes les plantes qui se trouvent dans la nef sont déja touchées, lépreuses parfois... entamées. :u}-- fs» ;- Dans le ciel, les premières explosions strient le fond, mais rien fest perdu encoreAu-dessus de l'homme se tient, perchée prés du goi ;r nail, la chouette de Pallas Athénée, la Sagesse qui veille en dépit de'ut Et sera alors sans doute évité a l'homme, a l'homme qui fut dit Hnci Sapiens, le sort d'un gisant calciné sur le sol ou, ayant échappé au d'un halluciné, en tout cas d'un être grossièrement mystifié par ses C ses astrologues et ses alchimistes. Et cependant nous l'aurons bien frölé le définitif désastre... II jut Hiroshima... II y a eu Nagasaki. L'homme d'Hiroshima a été déchiqueté, dépouillé comme un gifer, vidé par la bombe. Qu'Hiroshima se renouvelle et toutes nos digtcs ne seront plus que fantömes, homélies, escroqueries. Et comme arjur ui: de ce cadavre les chairs ne sont plus que des lambeaux, tout, flr., livres, monuments, fiertés de nos civilisations, idéologies, Croix, Faglle et Marteau, Vaudou ou Ratio, tout sera nié, bafoué. Les bibliothèies d'Alexandrie auront flambé sous un ciel de plomb et de stupiditeU monde, ce monde que nous pétrissons lentement et si durement deos mains, notre monde aura été rongé par ce bouc lépreux et bigle, la Ronde qui eüt pu n'être qu'une ronde fraternelle, ne sera qu'une r.'de infernale. Et l'Homo Sapiens ni plus ni moins qu'un alchimiste imb< le. J'en arrive a cette tenture, Pa Fin de Tout. Ne flottent plus dans l'esce qu'une neige blanche, stérile, énuclée, une tige foudroyée et des ceiïes ondoyant au gré d'un grand vide. Ah! nous aurons le droit d'être£rs de nous, de notre Néant! II eüt été commode et c'eüt été un ave lacheté que de s'installer dans l'épouvante et la négation. Le monde pas pétri de silences et de paniques. J'aborde désormais la seconde partie du poème: P'Homme en c dans la Paix. II est fait du meilleur et du pire, l'homme, mais a qu ait jeter sur lui un regard décapé, ses racines sont bivalentes: bou> lumières. Voici que veille sur lui la sagesse; et toute sagesse n'est va et fertilité que rendue brülante par la cordialité. Colombe et Chol sont sceurs, leur destin est mitoyen. Et c'est pourquoi, flanqué d! deux animaux tutélaires, l'homme est natté, farci de feuilles et d'ases. de sources et de flammes. II se dresse ainsi sur un fond de galjies rayonnantes. Tout sera surmonté, malgré le sang, les fuites et les 00*. bades. F'Eau et le Feu. Ces apparents contraires. L'homme ne vit que d'3)a- rents paradoxes, que de contradictions qui se résolvent. Eau et ;u. Voici que dominéés par nous, l'eau qui étouffe et la flamme qui con:p)B ensemencent le monde, le fécondent, l'engrossent. Le froment sdéf hanche sous l'effort et la terre se fendille, s'ouvre a la lumière; les n- es la chair des femmes, les toisons des chênes et des vignes, les pikes même prennent aspect de feux. Le couple a pris forme et jaillièni efficacité et descendances. Conquéte de l'espace. Spoutnik ou Observer. L'homme s'élèv at s'élévera chaque jour davantage dans et a travers l'espace sidéraU.e grand silence, cette épouvante des grands espaces peuplés de lurrïet étranges, voyageuses et clignotantes, voici que désormais des homes Sl

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