phischen Qualitaten, sondern wegen der Bedeutung der festgehaltenen Katastrophe grossartig. Zur zweiten Kategorie grossartiger Aufnahmen gehören die Bilder, mit denen wir uns bei unserer Arbeit und in Photographis befassen. Ich meine damit das Bild, das das Endergebnis einer mehrfachen, vom Photographen vorgenommenen Auswahl darstellt. Die Tatsache, dass dieses Endergebnis - falls es grossartig ist - oft einfach und unvermeid- lichwirkt, ist j edoch keineswegs ein Beweis dafiir, dass die Photographie einfach sei. Ganz im Gegenteil. Wer hat nicht schon nach dem Betrach ten von, sagen wir, Matisse-Akten gedacht, er könnte eigentlich, hatte er nur eben jetzt ein entsprechendes Modell zur Verfügung, einen eben- soguten Akt zu Papier bringen? Ich möchte es hier mit einer Verallgemeinerung versuchen, auch wenn sie vielleicht nicht standhalten wird: eine grossartige Photogra ie )J©c erfordert, dass der Photograph selbst ein Teil des von ihm geschaffEn 333? Bildes sei. Ich meine damit: je mehr er selbst, seine Ansichten und 'r-Jit urteile, seine Sehnsüchte, sein Liebesleben, seine Lebensumstandem jtam Bild erfiihlbar sind, je mehr er sich engagiert und preisgibt, desto cr sh hat das Bild Aussicht, schön und einzigartig zu sein. Genau wie der <te I sb Roman muss jede aussergewöhnliche Photographie autobiographic; igo Elemente enthalten; eine Photographie, die nicht das Bild des PhA ianfc graphen vermittelt, ist eine Niete, und zwar selbst dann, wenn es ;h rtna um ein kommerzielles Stilleben handelt; selbst dann, wenn nichts a?e-±)ic res zum Künstler zurückführt als die spezifische Eigenschaft des Lits sfebd hinter dem Glas Mineralwasser, das zu photographieren er beauftjgt ïdcb [Suite de k page 5o] fard en question, puisqu'onl'aphotographiéeainsi. Ajoutez- y l'effet d'un homme aussi séduisant qui parait a ses cötés, plus séduisant peut-être que le mari de la femme qui s'est arrêtée devant la photo, et cette dernière, se disant« voila l'air que j'aimerais avoir se précipite dans une droguerie, a peine descendue de l'autobus, et achète un tube du précieux fard bleu vif. Si la photographie a menti, ce n'est qu'indirectement, qu'implicite- ment (l'acheteuse ne réussira jamais a se rajeunir de vingt ans pour res- sembler a la jeune fille de la photo) et par association (son mari restera l'homme d'affaires fatigué qu'il est). Ce qu'il en coüte pour provoquer ce mirage n'est en aucune relation avec le prix de revient du fard, mais les frais publicitaires entrent dans la composition du prix de détail du pré cieux tubela cliente paie pour se faire séduire par l'annonceur, et elle en est ravie. Manoeuvre délicate et qui requiert, pour être répétée avec succès, beaucoup d'humour, de doigté, de charme et de flair. L'art magistral et si réaliste d'un Mathew Brady a dü apprendre a s'assouplir et a risquer quelques entrechats. Le photographe ne repart jamais a zéro, comme le sculpteur devant son bloc informe de marbre. Voila par quoi pêche la photographie quand elle se veut forme d'art, voila aussi en quoi elle est une source d'excitation toujours nouvelle pour ceux qui la pratiquent, un défi permanent que ne peuvent relever avec succès que les meilleursun champ si étroit y est réservé a l'affirmation de la personnalité de l'artiste que celui-ci doit né- cessairement mobiliser tous ses dons d'inventeur. C'est la que nous re- trouvons l'esprit du témoin doué dont nous parlions tout a l'heure: le photographe de talent fournira toujours une interprétation plutót qu'une relation objective. II saura révéler l'artiste qui sommeille en lui par le choix qu'il opérera dans la réalité qu'il s'agit de fixer sur la pellicule et par l'em- ploi qu'il fera des ressources matérielles de son art: il peut choisir son sujet, l'angle de prise de vue convenable, la mesure dans laquelle il défor- mera l'image, la couleur naturelle ou artificielle ou l'absence de couleur et j'en passé. Le but du présent ouvrage est de procéder a un controle annuel de la pression qu'exerce cette force. Cyniques endurcis pour qui la majeure partie de ce qui se fait en photographie n'a qu'un caractère utilitaire, fijc- naihl tion du profit a réaliser, ou romantiques invétérés pour qui le photogrsieïoff n'a que des ambitions artistiques, force nous est de reconnaitre l'éncïie' 1 ar: volume de la production annuelle dans ce domaine, signe d'une fiévr'seisa activité a Féchelle planétaire. En scrutant cette production la question sur ce qui fait la valeur djie.elfi\ photo se pose. Pour moi, il n'existe que deux sortes de bonne photc;a»iq:3; phie. Premièrement, ce peut être affaire de chance ou de temps de JseKqti qu'une photo soit particulièrement réussie. La fameuse image du zeppinsub «Hindenburg» n'est pas impressionnante a cause de ses qualités arwi-ètilli ques, mais paree qu'elle a été prise au moment juste de l'explosion, c,is-®Mo tituant ainsi un document inoubliable. Rentrent dans la seconde catégorie de photographies exceptionn es Map celles dont nous avons a nous occuper dans notre profession et dateeïs n volume, soit les photographies obtenues au terme d'une longue séri'debng choix opérés par le photographe. Une telle photographie peut avoir lirrn n simple, se présenter comme l'évidence même, et pourtant, il serait ernétiie; de croire que faire de bonne photos est une chose simple après tout. Csttxt plutót le contraire qui est vrai. Qui n'a déja pensé, après avoir vu neikw exposition de nus de Matisse, qu'a condition d'avoir un bon modè ilffrl pourrait en faire autant sur le papier? Tentons ici une généralisation dont je ne sais si elle peut se défe reii 33 ou non: une photographie est de qualité exceptionnelle lorsque le ph'o fcbtt graphe y met une partie de lui-même. Je veux dire par-la que plus vq 3t retrouve les opinions du photographe, ses préjugés, ses aspiratior etniq; nostalgies, sa vie amoureuse, ses antécédents, e'est-a-dire que pli lesrrp photographe est engagé, et plus grandes seront les chances pour queonnno travail atteigne a cette beauté, a cette unicité a quoi se reconnaissen eapnt chefs-d'ceuvre. Comme tous les bons romans, il doit entrer dans les pRo-sI ec graphies exceptionnelles une bonne part d'autobiographie; une pb< -iflop graphie qui ne nous aide pas a découvrir le photographe est une irJgaJaBJ} ratée, même s'il s'agit d'une nature morte a caractère commercial, trjaesbi: si la seule marque d'individualité qu'y a laissée l'artiste est le caractèi dertso la luminosité émanant du verre de soda qu'il avait a fixer sur sa plaie.aa -ti ALLIANCE GRAPHIQUE INTERNATIONALE [Fortsctzung von Seite 73] der sich 19 5 2 in Paris als Gesellschaft konstituierte. Heute betragt die Zahl der Mitglieder 128, die aus 16 Landern stammen. Im Jahre 1955 fand die erste AGI-Ausstellung im Pavilion de Marsan, Paris, statt. Es folgten weitere Ausstellungen in London, Lausanne, Mailand, Amsterdam, Hamburg, Stuttgart, Wien, Warschau, und nun in New York. Seit dem Bestehen der AGI, also wahrend der letzten 15 Jahre, hat die Aufgabe des Graphikers eine Wandlung erfahren. Wurden früher hauptsachlich einzelne und subjektive Lösungen gefordert, so stellt un- sere ganz vom Menschen her bestimmte Zeit grosse und wichtige 0- bleme, die nur auf Grund von Untersuchungen und von sachlichennd ij?-, rationalen Überlegungen gelóst werden können. Heute genügt es n .it, ein angeborenes graphisches Talent zu haben; der Graphiker bra'Lt einen wachen und disziplinierten Verstand, Forschergeist und eineèt- ;t,. nahe wissenschaftliche Auffassung seiner Arbeit. Originalitat und künstlerische Begabung galten innerhalb der j: schon immer viel; es gehören ihr aber auch Graphiker an, die dure us bereit und fahig sind, sachliche Aufgaben in Angriff zu nehmen. Le 90

Graphis de | 1967 | | page 92