Mehr als fünfzigjahrig entschliesst sich der erfolgreiche Gebrauchs- graphiker Richard Lindner, sein Metier an den Nagel zu hangen und Maler zu werden. Kaum aber tritt er mit seinen ersten Bildern an die Öffentlichkeit, wird er von der damals jüngsten Schule, der Pop Art, annektiert. Und das, obgleich seine Kunst mit Pop nicht mehr zu tun hat als etwa der Dadaismus oder eine bestimmte Phase des Sur- realismus. Die Tatsache, dass Lindner fur die Pop-Maler so etwas wie eine Vaterfigur wurde, spielte bei seinem kometenhaften Aufstieg nur eine bescheidene Rolle. Entscheidend ins Gewicht aber fallt sein deutsches Erbgut, das sich in seinem Werk auf faszinierende Weise mit dem Aus- druck amerikanischen Lebensgefiihls vermischt. Jugendeindrücke beherrschen die in den fünfziger Jahren gestalteten Bildinhalte fast ausschliesslichErinnerungen an Menschen und Moden der Jahre vor und nach dem Ersten Weltkrieg, an Nürnberger Spielzeug, an den Marchenkönig Ludwig II., an Gestalten aus Wedekinds Dramen und so fort. Das sind Dinge, die alle Amerikaner aufs nach- haltigste ansprechen. Wobei sie auf die Alteingesessenen eine Art exo- tischen Zauber ausüben, wahrend sie die Zugewanderten an ihre eigene Kindheit und Jugend erinnern. Nachdem sich Lindner sparer ausge- sprochen amerikanischen Themen zugewandt hatte, blieb diese Dop- pelwirkung erhalten: Die im Lande Geborenen sahen mit Verblüffung das ihnen Langvertraute aus einem neuen Blickwinkel; die Neukömm- linge hingegen fanden ihr eigenes New York-Erlebnis aufs packendste bestatigt. Kürzlich unternahm es der Künstler, seine in den Strassen Man hattans gezeichneten Skizzen von Menschen und Situationen in eine Aquarellfolge zu verdichten, der er den Titel Fun City gab. Sie war dazu bestimmt, von Spezialisten unter Beibehaltung der Formate und der feinsten Einzelheiten in Steinzeichnungen »übersetzt zu werden. The first edition of the portfolio Fun City by Richard Lindner contains 14 lithographs, 13 of which are 2454 x 19% in. in size, while one is of double width. The portfolio is issued by Shorewood Publishers, Inc., New York, London and Zurich. The lithographs, in 12 to 18 colours, are faithful copies of Lindner's watercolours in their original size. They were transferred to the stone by hand, with chalk and brush, without any photo graphic aids. Most of the work was done by experts of the Graphische Anstalt Wolfsberg, Zurich, the rest by Mourlot, Paris, and the Atelier Pierre Chave in Vence. The portfolio is being published in a limited edition of 250 numbered and signed copies, plus a de luxe edition of 26 copies marked A to Z. The first edition has appeared in March 1971the second, comprising 10 lithographs of the same size, will follow at the end of 1971. The lithographic stones will be erased when the printing has been completed. Die erste Lieferung des Mappenwerkes Fun City von Richard Lindner enthalt 14 Litho- graphien, von denen dreizehn 62,5 x 50 cm messen, wahrend eine bei gleicher Höhe doppelt so breit ist. Als Herausgeber zeichnen Shorewood Publishers, Inc., New York, London, Ziirich. Die Lithographien, zwischen 12 und 18 Farben variierend, sind ori- ginalgrosse Umsetzungen von Lindners Aquarellen. Sie wurden ohne photographische Hilfsmittel von Hand, mit Kreide und Pinsel, direkt auf den Stein übertragen. Die Aus- führung wurde zum grosseren Teil von Spezialisten der Graphischen Anstalt Wolfsberg, Zürich, zum kleineren von Mourlot, Paris, und dem Atelier Pierre Chave in Vence besorgt. Die Auf lage umfasst 230 numerierte und signierte Exemplare, sowie eine Luxus- Ausgabe von 26 mit A-Z bezeichneten Blattfolgen. Die erste Mappe wurde im Marz 1971 ausgeliefertdie zweite, mit 10 Lithographien gleicher Grosse, wird am Ende dieses Jahres folgen. Die Lithographiesteine werden nach Druck der Auflage abgeschliffen. La première livraison de l'album Fun City de Richard Lindner comprend 14 lithos dont 13 mesurent 62,5 x 30 cm, le I4e 62,3 X joo cm. L'éditeur en est Shorewood Publishers, Inc., New York, Londres, Zurich. Les lithos polychromes (de 12 a 18 couleurs) sont des transpositions d'aquarelles de Lindner du même format, a même la pierre, a la craie et au pinceau, sans recours a la photographie. L'exécution en a été confiée aux spécialistes de la Graphische Anstalt Wolfsberg, a Zurich, qui se sont partagé la tache, pour quelques- unes des lithographies, avec Mourlot, a Paris, et l'atelier Pierre Chave a Vence. Le tirage comprend 230 exemplaires numérotés signés, ainsi qu'une édition de luxe numérotée de A a Z (26 exemplaires). Le premier album a été livré en mars 1971. Le deuxième, qui groupera 10 lithos du même format, suivra fin 1971. Les pierres seront grattées et polies, une fois le tirage exécuté. Richard Lindner 502 Ayant franchi le cap de la cinquantaine, Richard Lindner, artiste graphique de renom, décida un jour de renoncer a son métier pour se faire peintre. A peine avait-il exposé ses premiers tableaux que l'école la plus récente a l'époque, celle du pop art, le découvrit et l'annexa comme l'un des siens. Et pourtant, son art était aussi éloigné du pop que le dadaïsme ou les variétés du surréalisme. Promu ainsi figure de proue paternelle du pop, Richard Lindner connut une gloire subite pas tellement en raison de sa nouvelle apparte- nance que par la séduction qu'exerpait son oeuvre, un fascinant mélange d'hérédité germanique et de style de vie américain. Les tableaux qu'il peignit dans les années cinquante traitent presque tous du même sujet: sa jeunesse et l'évocation des années précédantla Première Guerre mondiale, de l'immédiat après-guerre, des jouets de Nuremberg, du roi de contes de fées Louis II de Bavière, des personnages des drames de Wedekind, etc. Ces motifs plaisent énormément aux Américains. Ils ont un parfum d'exotisme pour les Germano-Américains de vieille souche et font revivre des souvenirs d'enfance et de jeunesse aux yeux des nouveaux arrivés. Par la suite, Lindner ne traita plus que des thèmes purement américains, avec toutefois la même double réso- nance: les Américains découvraient leur pays dans une optique in- soupconnée, les immigrants voyaient confirmée leur expérience toute fraiche de la vie newyorkaise. Tout récemment, l'artiste a entrepris de réunir en album, sous le titre de Fun City, ses impressions glanées dans les rues de Manhattan. Notées sous forme d'aquarelles, elles furent transposées en lithos par des spécialistes qui prirent soin de respecter et les formats et les détails les plus minutieux. D'emblée, on a tendance a mettre en question l'originalité d'un tel travail de copie fait par des tiers. Ne s'agit-il au fond pas d'un procédé de reproduction ou l'artiste n'intervient que pour surveiller la confec-

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