Das Unterfangen, Steindrucke, die von dritter Hand ausgeführt wurden, als Original-Lithographien anzubieten, weckt zuerst Befrem- den. Liegt hier, so fragt man sich, nicht ein Missbrauch des Gattungs- begriffs vor? Denn genau genommen handelt es sich bei dieser Um- setzung um ein Reproduktionsverfahren, bei dem sich der Beitrag des Künstlers auf die Überwachung des Faksimilierprozesses und auf die Unterschrift beschrankt. Dazu ist folgendes zu sagen: Dass Lindner den Wunsch hat, seine Aquarell-Folge im Besitz nicht nur eines einzigen Sammlers zu wissen, - - j versteht man. Ausserdem eignen sich diese flachig gehaltenen, stark- farbigen Blatter wie kaum etwas anderes zur Umsetzung in den Stein- druck. Die Einsicht, dass hochspezialisierte Lithographen sie original- getreuer auszuführen vermochten als er selber, beweist seine hohe Achtung vor der technischen Seite der Kunst. Seine standige Über wachung des Arbeitsprozesses verbürgt dabei ein Höchstmass an Ori- ginaltreue. Sodann gilt es zu bedenken, dass das, was auf dem Gebiet der Lithographie als kühne Neuerung empfunden wird, in andern Kunstbereichen langst selbstverstandlich ist. So begnügt sich die Mehr- zahl der Bildhauer damit, für eine Plastik lediglich das Modell zu schaffen, das dann von Spezialarbeitern im vergrösserten Massstab aus geführt wird. Im Vergleich zu diesem Vorgehen kann dasjenige Lindners als originaler angesprochen werdendenn bei ihm bleiben nicht nur die Masse der Vorlage gewahrt - in monatelanger Kleinarbeit werden auch ihre letzten Feinheiten auf den Stein übertragen. Man ware versucht, in diesem Mappenwerk eine zukunftstrachtige Neuerung zu sehen, drangte sich nicht gleichzeitig die Erkenntnis auf, dass die Handlithographen, die hier am Werk sind, immer seltener wer den. So kann es sehr wohl sein, dass Richard Lindners FunCitjnicht nur als künstlerisches Zeitdokument, sondern auch als eine der letzten Grosstaten der Handlithographie in die Geschichte eingehen wird. tion du fac-similé et pour aj outer sa signature a l'ceuvre achevée? Ne soyons pas trop sévères et essayons d'analyser la démarche de Lindner. On comprend que le peintre éprouve le désir de voir son ceuvre cir- culer en dehors de la demeure d'un seul collectionneur. Par ailleurs, ses aquarelles hautes en couleur oüdominentles aplatsseprêtentamerveille a la transposition en lithographie. Et ne force-t-elle pas le respect, l'es- time qu'il témoigne a l'art des spécialistes en abandonnant aux litho- graphes professionnels un travail de copie pour lequel ils sont mieux qualifiés que quiconque? Lindner a du reste surveillé ce travail de si prés que la copie est garantie fidéle. Et puis, avouons que dans beaucoup de domaines, l'on admet le plus naturellement du monde ce qui parait hardi, voire révolutionnaire en lithographie. Pensons aux sculpteurs qui se contentent pour la plupart de créer un modèle qui est ensuite réalisé par des professionnels dans les dimensions voulues. A comparer cette manière de faire avec celle de Lindner, on s'aperpoit que ce dernier est bien plus «original»: le format reste le même, et la totalité des détails est transposée a la pierre au cours d'un labeur minutieux qui peut durer des mois. Cet album serait done un témoin séduisant d'une orientation nouvelle en art si l'on ne se remémorait que les lithographes exergant leur métier manuellement se font de plus en plus rares. Encore un noble art en perdition, de sorte qu'une tentative comme celle de Richard Lindner risque de rester un fait d'armes isolé. Toujours est-il que l'album Fun City de Lindner restera comme un document d'époque original de haute qualité artistique. Peut-être les générations futures le classeront-ils parmi les dernières grandes mani festations de la lithographie vieux style, celle oü l'amoureux du beau métier savait faire sortir du calcaire, au premier appel, ces effets ultimes qu'il réserve a ses élus.

Graphis de | 1971 | | page 21