I Peter Knapp it 20 wusste er noch nicht, was er einmal werden sollte. Heute, im /I Alter von 32 Jahren, ist Jean Lagarrigue einer der drei Besten in iris, einer der zehn Besten der Welt. Seine Originale wurden jüngst in r Galerie Delpire, dem Mekka der Illustratoren, ausgestellt. fEr ist gross, braunhaarig und hat grüne Augen, die man nicht sieht, ■il er zu gross ist und zu schnell geht \uch bei seiner Karriere ging es mit Riesenschritten voran: 1962 ist er iParis, um sich an der Arts Déco im Zeichnen zu schulen. Zu diesem 'itpunkt entdeckt er die Amerikaner und die Push Pin Studios. Im genden Jahr befindet er sich in New York an der School of Visual Arts ,-hule der Visuellen Kiinste), wo er so richtig loslegt. Wieder in Paris, arbeitet er im Studio von Marie-Claire. Aber das be- ;digt ihn nicht sehr. Er macht sich selbstandig. Und reüssiert! seine ersten Experimentalausführungen sind revolutionar. Zwischen ulptur und Plexiglas, Gipsfiguren und Neonröhren malt er Photos. Er •sucht alles. Er macht sich mit allem vertraut. Er gibt in Paris den Ton Zehn Stunden Arbeit im Tag. Sieben Tage in der Woche. 365 Tage Jahr. Seit 1966 zahlt er zu den «Aktiven» in einem Beruf, in dem sich Leute rar machen, die etwas leisten, wie die Art Directors nur zu gut •ssen. Die Auftrage mehren sich. Und sie gefallen, weil ihn der Arbeits- uck anregt. :Er wird Lagarrigue, ohne sich dessen bewusst zu werden, und lebt sich den Illustrationen von Lui und Esquire entschieden aus. Wie wird man Lagarrigue? Zweifelsohne indem es einem gelingt, men Stil in dem bestimmten Augenblick zu festigen, in welchem die fentlichkeit versteht und begierig ist, in bestimmten Bildern zu lesen. Amerikaner, die sich so etwas nicht entgehen lassen, haben Lagarrigue >8 eingeladen, die kiinstlerische Leitung von Esquire zu übernehmen. r sind glücklich, dass er zurückgekehrt ist. A20 ans, il ne savait pas ce qu'il allait faire. Aujourd'hui, a 32 ans, Jean Lagarrigue est l'un des trois meilleurs a Paris. L'un des dix meilleurs dans le monde. Ses originaux viennent d'être exposés a la Galerie Delpire, «la Mecque des illustrateurs». C'est un grand brun aux yeux verts, mais 5a ne se voit pas (qu'il a les yeux verts): il est trop grand et il marche trop vite... Dans sa carrière, aussi, il avance a pas de géant. En 1962, il est a Paris, aux Arts Déco, et se dirige vers le dessin. C'est le moment oü il découvre les Américains et les Push Pin Studios. L'année suivante, on le retrouve a New York, a la School of Visual Arts (Ecole des Arts Visuels), oü il démarre vraiment. Revenu a Paris, il travaille au studio de Marie-Claire. Sans grande satisfaction. II «s'installe» alors a son compte. Et fonce Ses premières réalisations expérimentales sont révolutionnaires. Entre la sculpture et le plexiglas, les platres et les néons, il peint des photos. II essaie tout. II domestique tout. II donne le ton a Paris. Dix heures de travail par jour. Sept journées par semaine. 365 jours par an. Dès 1966, il compte parmi les «actifs», dans une profession oü les gens qui font se font rares, les art directors le savent bien. Les commandes affluent. Et ils les aiment, car les contraintes l'excitent. II devient Lagarrigue sans même s'en rendre compte et se réalise dé- finitivement dans les illustrations de Lui et d'EsQUiRE. Comment devient-on Lagarrigue? Sans doute quand le style s'affirme au moment précis oü le public comprend et a envie de lire une certaine image. Les Américains, qui ne ratent pas ces choses, ont invité Lagarrigue en 1968 aux Etats-Unis pour la direction artistique d'EsQUiRE. Nous sommes ravis qu'il soit revenu. 3 449

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