Introduction Le lyrisme, l'humour et Ie surréalisme semblent jouer un röle prépondérante chez les 440 directeurs artistiques, des- sinateurs et photographes dont l'oeuvre est représentée dans cette édition de modern publicity. Dans. la section des affiches, le dessin de Uwe Brandi pour les détergents industriels est admirablement exécuté et invite a la comparaison avec toute publicité déjè faite pour de tels produits. II renferme même de l'information effective dans sa solution humoristique. Son style d'illustration se manifeste si distinctement qu'il lui serait difficile de trouver une solution tout a fait différente de ses autres oeuvres. II faut rendre justice, en plus, au cliënt qui a accepté cette affiche pour un sujet et un produit présentés le plus souvent d'unefacon sans intérêt. La beauté et l'élégance qui caractérisent l'oeuvre de Sarah Moon vont bientöt rendre ses dessins en pièces de collec- tionneur. C'est une marque de la tolérance croissante et de la satiété visuelle dans la nudité qui en résulte, que Pirelli ont décidé de se servir de sa photographie extrêmement sensuelle pour un calendrier con nu pour son sex-appeal. Les oeuvres présentées montrent plus de diversité dans le style, I'attitude et la technique, tandis que la choix toujours croissante des dessins de type prêts a utiliser comme le letragraphica et les nouveaux dessins de type pour le photosetting ont augmenté la versatiIité du dessin et des idéés dans la graphique récente de la publicité. Un examen rétrospectif des possibilités dans le lettrage même il y a cinq ans nous révèlent des différences phéno- ménales. La typographie des livres, parfois le lettrage mis en vedette, et peut-être quelques exemples de lettrage fait a la main, forment la masse importante du texte dans la matière publiée dans le modern publicity 1967 68 II vaut la peine de comparer cela avec les dessins graphiquesd'aujourd'hui. La publicité devient, du reste, plus honnête (ou plus subtile) dans son attitude envers le consommateur. On a supprimé les superlatifs comme moyen de persuasion. La copie montre plus d'humour, ou une plus grande connais- sance des faits, et il pourrait trés bien arriver que le scepti cisme sain envers les prétentions de la publicité va s'affaiblir a cause de la réaction de la publicité aux contraintes du 'consumerisme'. Le consommateur plus crédule sera mieux protégé, tandis que le public d'esprit plus cultivé et plus critique devra régler ses propres jugements. Espérons que l'industrie de la publicité va rester fidéle aux codes et a l'éthique qu'elle s'est imposés. Personne n attend a ce qu ils établissent une censure sur les produits dont ils doivent faire la réclame, a moins qu'ils n'en trouvent fausses les prétentions, ou que le produit soit incontestablement nuisible ou sans valeur. La discussion récente sur la publicité des drogues en fait la preuve. II faut faire pour les drogues anti-déprimantes une publicité restreinte, limitée aux médecins, et on peut s'attendre a ce que la profession médicale soit assez intel ligente pour faire son propre jugement. La responsabilité tombe cependant sur les dessinatuers de ne pas exagérer les vertus curatives de ces drogues par une attention trop marquée sur les contrastes et sur les promesses des résultats. Ces matières ne parviennent, heureusement, jusqu'au grand public. Les moyens différents de faire la réclame des produits ne tiennent qu'a l'éthique et au sang-froid de ceuz qui font la publicité: les équipes occupées a la créativité, les marketing, les maquettistes et les copywriters. Ceux-lè ont la re sponsabilité de se respecter, et d'habitude ils le font. Felix Gluck 6-7

Modern Publicity en | 1972 | | page 11