Cliches photographiques nombreux, pages feminine, enfantine, cinematogra- phique, d agnculture, abondantes rubriques sportives, tout ce qui faisait autre- lois la superiorite des journaux de la capitale ne fait plus, depuis longtemps, uelaut a la grande presse provinciale. Mais la principale force des journaux de province, le facteur essentiel de leur dinusion croissante, resident dans le developpement de leurs informations locales. Certains de ces journaux publient jusqu'ä vingt editions tous les jours, com- portant chacune une ou plusieurs pages de chroniques regionales. C'est dans ces pages que se refletent tous les aspects de la vie de nos vieilles regions fran^aises qui conservent si jalousement leurs coutumes et leur originalite. Les journaux de province possedent, sur ce point, une superiorite que les journaux de Paris tenteraient vainement de leur disputer puisqu'ils ne peuvent evidemment contemr meme une faible partie de ce que les organes des diverses regions de la brance publient chaque jour sur les evenements de la petite patrie. II est vrai que quelques lecteurs de province achetent, en meme temps que le Journal local, un journal de Paris. Mais le journal qui a leur confiance, qui jouit d une autorite morale mcontestee, parce qu'on le connait bien, parce qu'il est le tamilier, l ami intime de la maison, parce qu'il traite des questions locales, des interets de la ville ou du village, c'est le journal regional ou departemental, ce T1 on ht de la Premiere la derniere ligne, en passant par les annonces. Des evenements recents nous en ont apporte la confirmation. Dans une region que je connais bien, les journaux de Paris ont cesse d'etre vendus pendant deux ou trois jours. On pouvait supposer que les lecteurs habituels de ces journaux se jetteraient sur le quotidien regional et que la vente de celui-ci se trouverait augmentee de tous les numeros des journaux de Paris qui ne parvenaient plus. n en a rien ete. La vente du quotidien regional n'a pas augmente d'un seul numero. Qu en eonclure, smon que tous les lecteurs des journaux de Paris sont des lecteurs du quotidien regional et que l'organe parisien n'est pour eux qu'un journal supplementaire? Aussi est-on vraiment stupefait quand on voit que certains annonceurs s'ima- ginent avoir sollicite le public de la France entiere lorsqu'ils ont fait paraitre leurs annonces dans quelques journaux de Paris et, devant l'insuffisance des resultats, se persuadent que la province n'offre pas les memes possibilites d'affaires que la region parisienne. Ces annonceurs savent bien cependant que l'industriel anglais ne songe pas atteindre la clientele de Manchester, par exemple, en faisant sa publicite unique- ment dans un journal de Londres et que l'industriel americain ne songe pas avantage a se creer une clientele Boston en annongant dans les journaux de Wew-\ork. Quelle est la maison d'exportation fran?aise qui, desirant placer ses produits dans toute 1 Italic, se bornerait publier ses annonces dans les journaux de Korne et negligerait les journaux de Milan ou de Turin? II existe dans les regions de Marseille, de Lyon, de Bordeaux, de Toulouse, de Lille, de Rennes, de Nancy, de Nantes, de Rouen, de Grenoble, de Montpellier, de Limoges, de Saint-Ltienne et de Strasbourg, des journaux tres large diffusion sans le concours desquels il n'est pas possible un annonceur de toucher la majonte des consommateurs. II existe aussi, notamment dans le Centre de la rance, des journaux d'un rayon d'action plus restreint, mais qui occupent dans leur departement une Situation preponderante et qui ne peuvent etre eeartes d un budget publieitaire bien etabli. En ne delaissant aucun de ces journaux, les annonceurs pourront travailler en proiondeur le terntoire franQais et assurer une distribution complete de leurs produits. Ks feront, en un mot, une publicite qui paiera.

Publicité fr | 1937 | | page 192