n v s- -a -* r r r il X i i moholv-nagv. du pigment a la lumière les mots en »isme«, dès qu'il s'agit d'art, mènent a la confusion, on parle, sans savoir trés bien ce que l'on dit, d'impressionisme, de néoimpressionisme, de pointillisme, d'expressionisme, de futurisme, de cubisme, de suprématisme, de néoplasticisme, de purisme, de constructivisme, de dadaïsme, de surréalisme a quoi viennent encore s'ajouter la photographie, Ie film et Ie cinéma. les spécialistes mêmes ne se retrouvent plus dans cette apocalyptique confusion. notre tache est de chercher Ie commun dénominateur. il existe. il suffit de tirer les conséquences des enseigne- ments de ce dernier siècle, il en découle que Ie développement de la peinture moderne offre les analogies les plus frappantes avec celui des autres arts. Ie commun dénominateur l'invention de la photographie a fait éclater Ie canon des arts d'imitation et de répresentation de la nature, depuis Ie naturalisme, la peinture comme construction colorée cherchait inconsciemment a définir la couleur, ses lois, ses possibilités élémentaires. plus ces problèmes prenaient d'importance, plus les tendances des diverses chapelles s'éloignaient de la représentation de la nature, dans Ie domaine de l'optique, on apprenait a ne travailler qu'avec des moyens purement élémentaires, purement optiques. aussi toutes les tendances en »isme« ne sont que des méthodes plus ou moins individuelies, plus ou moins conscientes, plus ou moins intentionelles d'artistes qui, isolés ou en groupes, commencent par la destruction des représentations anciennes pour parvenir a un nouveau savoir, a de nouveaux einrichissements des movens d'expression optiques. lignes précurseurs dans la destruction germent déia des éléments de construction. la photographie avec son éclairage presque immatériel, particulièrement Ie rayonnement de la photographie sans caméra, et l'exubérance lumineuse et mobile du film cherchent a s'épanouir dans la clarté. des tentatives, des recherches, des expériences sur la couleur, sur la lumière, des films abstraits, encore trop fragmentaires et trop isolés, annoncent ce qui viendra demain, mais ne Ie précisent pas encore. toutefois, une constatation s'impose: a cóté du monde des sensations et de leurs relations subjectives, existent des sources d'émotion qui jaillissent directement de l'expression optique. minimum d'exigeances ce que nous savons de la lumière, de la clarté, de l'obscurité, de la couleur et de ses harmonies, en résumé des principes élémentaires de l'expression optique, est bien peu de chose, malgré Ie travail considérable des différents »istes«. les recherches faites iusqu'a présent n'aboutissent qu'a un dictionnaire de rimes de la peinture. elles sont encore tributaires de vieilles exigeances traditionelles. elles ne satisfont ni nos sentiments ni nos désirs actuels et sont bien loin d'avoir pressenti toute l'étendue du domaine de l'optique. dès les éléments, nous sommes dans Uncertain, d'innombrables recherches sur les principes mêmes sont encore nécessaires, même pour les peintres: qu'est-ce que la lumière qu'est-ce que la clarté, l'obscurité, les valeurs, Ie temps, la mesure, les nouveaux procédés de mesure, Ie mouvement de la lumière, la réfraction, la couleur (pigment)? par quel moyen occulte la lumière devient-elle vivante? qu'est-ce que l'intensité de la couleur, la chimie de la couleur et son activité? comment la couleur agit-elle sur la forme? par sa position, par sa quantité de superficie? les fonctions biologiques, les réactions physiologiques? la statique, la dynamique de la composition? les appareils d'ou iaillit la lumière, photographique et cinématographique, l'écran? la technique de la projection? de la coloration? Ie róle de la main? de la machine? etc. les investigations, en ce qui concerne l'interdépendance des états physiologique et psychologique dans les aris de représentation matérielle, sont bien en retard sur les études physiques. c'est a peine si une pratique de l'expression mécanique par la lumière et la couleur existe déia. la peur du raidissement cadavérique quand on passe a l'application des principes découverts, on se heurte souvent a la crainte d'une technification qui, croit-on, pourrait entrainer un dessèchement de l'art. on redoute qu'une réalisation trop consciente, trop intellectuelle, une part trop grande accordée aux moyens mécaniques, n'entraine la mort de toute inspiration créatrice. ces craintes sont injustifiées. ne sera-ce pas touiours une noble ambition que d'arriver a une connaissance profonde de toutes les possibilités d'action? 11

Telehor cs | 1936 | | page 13